Affaire «Comanav» : La justice a dit son mot

Affaire «Comanav» : La justice a dit son mot

A l’issue de plusieurs mois de rebondissements dans l’affaire «Comanav», le verdict a été prononcé, mercredi 20 février, par la chambre criminelle chargée des crimes financiers près la Cour d’appel de Rabat. Les six personnes poursuivies dans le cadre de cette affaire ont reçu des jugements allant de l’acquittement à cinq ans de prison ferme.
Taoufik Ibrahimi, accusé principal et ex-directeur général de la compagnie, a ainsi écopé de cinq ans de prison ferme pour «sabotage d’établissements publics (ports et bateaux) et entrave à la liberté du travail». Après cinq heures de délibération, la Cour a par ailleurs blanchi Taoufik Ibrahimi d’un chef d’inculpation passible de la peine de mort, notamment «l’atteinte à la sécurité de l’Etat» ainsi que «la constitution d’une bande criminelle et divulgation du secret professionnel». Pour sa part, l’ex-directeur central des ressources humaines de la compagnie a été condamné à trois ans de prison ferme.
Un ancien attaché à l’Institut scientifique de la pêche maritime a écopé lui aussi de trois ans de prison ferme, alors qu’un ancien secrétaire général du syndicat des marins a été condamné à deux ans de prison ferme. La Cour a condamné à un an de prison ferme un ancien secrétaire général du syndicat des dockers, tandis que Mohammed Ben Abdellah, qui travaillait en tant que marin au port de Tanger, a été blanchi de tous les chefs d’accusation. Suite à l’abandon du chef d’accusation de «constitution d’une bande criminelle», la Cour a inculpé les accusés, qui étaient poursuivis en état de liberté provisoire, pour «participation au sabotage d’établissements publics (ports et bateaux) et entrave à la liberté du travail» conformément aux articles 129, 288 et 591 du code pénal.
Le dossier a été déféré devant le procureur général du Roi près la Cour d’appel à Rabat le 19 juin dernier. Pour rappel, Taoufik Ibrahimi a été arrêté le 15 juin dernier, avec cinq autres personnes, suite à l’ouverture d’une enquête. L’affaire a démarré suite à la révélation par l’Inspection générale des finances puis par la Cour des comptes d’anomalies et d’infractions financières dans la gestion de la «Comanav» ayant causé sa faillite.
La compagnie a par la suite été privatisée en 2007 via sa cession à la compagnie française CMA CGM. Depuis 2009, c’est le nom de la famille Abdelmoula qui est accolé à celui de la Comanav avant que les bateaux de la compagnie ne soient saisis au port de Sète pour non-paiement de dettes s’élevant à plusieurs millions DH.

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