Bagdad crie au complot extérieur

Le Premier ministre Iyad Allaoui et ses ministres de la Défense et de l’Intérieur ont accusé des pays et des parties « étrangers » ou « régionaux », sans les nommer, d’avoir trempé dans l’attentat de jeudi et dans la violence croissante depuis l’entrée en fonction du gouvernement intérimaire.
Les trois responsables n’ont fait aucune mention d’une responsabilité éventuelle du réseau islamiste d’Al-Qaïda d’Oussama ben Laden et de son homme de main présumé en Irak, le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, évoquée encore une fois par un haut responsable de la coalition.
« Des pays étrangers cherchent avec ces actions lâches d’attenter à l’Irak », a déclaré M. Allaoui.
« C’est une nouvelle preuve de la volonté de certaines parties de porter atteinte à notre peuple, et je déplore le nombre important de victimes irakiennes », a affirmé M. Allaoui sur le lieu de l’attentat, survenu devant un centre de recrutement de la nouvelle armée irakienne dans le sud-est de Bagdad.
« Mais je veux assurer que ces actes n’empêcheront pas les Irakiens de marcher vers la paix et la stabilité; nous allons nous dresser avec fermeté face à leurs auteurs », a encore dit le chef du gouvernement intérimaire, qui doit prendre les commandes de l’Irak après le transfert du pouvoir par la coalition menée par les Etats-Unis, le 30 juin.
« Nous ne donnerons pas à ces parties l’occasion de frapper notre peuple », a poursuivi M. Allaoui. De son côté, le ministre de la Défense, Hazem Chaâlane, a mis en cause des « parties étrangères régionales », sans les identifier. « Des parties étrangères régionales sont impliquées dans ces actes », a-t-il dit dans une conférence de presse.
« Nous pourrions riposter en portant le fer chez elles. Nous attendons qu’elles fassent preuve de retenue et de sagesse », a-t-il dit, sans autre explication.
« La patience des Irakiens est limitée quand il sont victimes d’opérations criminelles », a ajouté M. Chaâlane, avant d’annoncer le prochain lancement d’une opération conjointe avec les services du ministère de l’Intérieur destinée à « pourchasser les terroristes maison par maison ».
Dans une autre conférence de presse, le ministre de l’Intérieur, Falah al-Nakib, a répété les mêmes accusations et affirmé que les kamikazes, auteurs d’attentats-suicide dans le pays n’étaitent « pas irakiens ».
« Nous avons des informations selon lesquelles des pays de la région cherchent à démembrer l’Irak », a dit le responsable qui a envisagé d’imposer la loi martiale si devait se poursuivre « ce genre d’actions terroristes ».
Selon lui, les pays impliqués dans les violences en Irak « ne sont pas ceux avec lesquels l’ancien président, Saddam Hussein était entré en guerre », mais d’autres de la région, qu’il n’a pas voulu nommer.
L’Irak de Saddam Hussein avait envahi l’Iran en 1980 et la guerre entre les deux pays a duré huit ans, faisant des centaines de milliers de tués des deux côtés. En août 1990, l’armée irakienne avait envahi le Koweit, avant d’en être chassée par une coalition conduite par les Etats-Unis.
M. Chaâlane a répété que son pays refusait la présence, au sein de la force multinationale chargée de stabiliser la situation après le 30 juin, de contingents de pays voisins.
Les Irakiens ont toujours exprimé la crainte de voir leurs voisins accroître son instabilité en favorisant une communauté ou une ethnie au détriment des autres.

• Fatima El-Issawi et Kamal Taha AFP

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