Bilan des Objectifs du millénaire pour le développement 2015: Ce qui a été fait et ce qui reste à faire selon Lahlimi

Bilan des Objectifs du millénaire pour le développement 2015: Ce qui a été fait et ce qui reste à faire selon Lahlimi

L’année 2015 marque la fin des Objectifs du millénaire, l’une des plus grandes initiatives internationales de développement pilotées par les Nations Unies. A l’aube de cette nouvelle année, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) vient de dresser le bilan de l’implémentation de cette stratégie au Maroc, pour ensuite tracer les grandes lignes des futurs objectifs du Royaume.
Le Maroc a réalisé près de 90% des objectifs de développement ciblés à l’horizon 2015.

Le bilan dressé par le haut-commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi, lors de la cérémonie de présentation du cinquième rapport national sur les Objectifs du millénaire pour le développement mardi à Rabat, était globalement positif. Parmi les indicateurs cités par le haut-commissaire, un taux de croissance d’une moyenne de 4,4% entre 2000 et 2014, une baisse du chômage depuis 1999 avec une légère hausse en 2011 pour atteindre environ 9,8% en 2014, une augmentation de 5% du revenu national brut et une amélioration du pouvoir d’achat d’une moyenne annuelle de 4% entre 2009 et 2014.

Parmi les plus grandes avancées, le HCP cite également l’éradication de la faim et de l’extrême pauvreté, la quasi-généralisation de la scolarisation (le taux de scolarisation des enfants âgés de 6 à 11 ans était de 97% en 2012) ainsi que la réduction considérable (de plus de 60%) du taux de mortalité maternelle et infanto-juvénile.

Le rapport en question cite, néanmoins, les inégalités sociales comme l’un des freins «de nature à menacer la consolidation des acquis dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et la vulnérabilité», d’autant plus qu’elles manifestent une rigidité à la baisse. Le milieu rural serait, par ailleurs, «caractérisé» par la pauvreté. «Au-delà des OMD et au-delà de 2015, le Maroc est appelé à se fixer de nouveaux objectifs d’avenir conformes aux besoins émergents dans la société, sans se départir des préoccupations de la communauté internationale», a déclaré Ahmed Lahlimi, ouvrant ainsi le débat autour des objectifs de développement post-2015.

Selon la vision du HCP, la réforme du système éducatif est à la tête de ces objectifs. «31,3% de l’inégalité totale sont dus à la différence entre les niveaux scolaires des chefs de ménages», explique Lahlimi, faisant ainsi du manque d’éducation le premier facteur d’inégalité sociale. Plusieurs des recommandations du HCP, dans ce sens, rejoignent celles du Conseil supérieur de l’éducation, notamment en ce qui concerne la généralisation du préscolaire.

La valorisation et la promotion des jeunes figurent, elles aussi, parmi les objectifs post-2015. Diverses enquêtes du HCP font état, selon Lahlimi, d’un décalage de la perception des jeunes des réalités nationales par rapport aux systèmes d’intermédiation sociale et politique. Un taux de chômage très élevé, atteignant deux fois la moyenne nationale, serait derrière leur défiance des institutions. «Ceci explique que plus de la moitié des jeunes ne participent pratiquement jamais aux élections», explique le haut-commissaire au Plan.

Autre problématique dans le viseur du HCP, celle de la parité. Les indicateurs cités par Ahmed Lahlimi à ce sujet sont, en effet, pour le moins alarmants. 45,7% des femmes souffrent d’analphabétisme et 62,8% sont victimes de violences. Les femmes représentent 33,6% des salariés au niveau national et ne perçoivent que 20,9% de la masse salariale. Leurs salaires sont, en général, 26,2% moins élevés que ceux des hommes. Autant de raisons pour élaborer une stratégie globale en faveur de l’égalité entre les genres.

Enfin, la retraite digne était le quatrième et dernier objectif relevé par Ahmed Lahlimi. Cette question, qui fait l’objet de débats houleux entre le gouvernement et les syndicats depuis déjà plusieurs mois, doit impérativement être examinée de près, selon le HCP. «La solidarité intergénérationnelle nécessite l’élargissement de l’adhésion aux régimes de retraite. 84% des personnes âgées ne bénéficient pas d’une retraite et 87% de couverture médicale», a affirmé Lahlimi, assurant que l’intégration des personnes âgées dans des systèmes qui les prémunissent contre la déchéance de leurs conditions de vie est un impératif national.

Il est à noter que ces objectifs ne sont pas définitifs et devront faire l’objet de plusieurs débats, en attendant la disponibilité des données du dernier recensement national vers le milieu de l’année, avant de les formaliser dans le cadre du 6ème Rapport national qui coïncidera avec l’échéance de 2015.

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