Début du procès le plus délicat pour Silvio Berlusconi

Début du procès le plus délicat pour Silvio Berlusconi

 

Silvio Berlusconi est un habitué des tribunaux mais le procès du «Rubygate», qui s’ouvre mercredi à Milan (nord) et dans lequel le chef du gouvernement italien est accusé de recours à la prostitution de mineure, est le plus délicat qu’il ait jamais eu à affronter. M. Berlusconi, 74 ans, est accusé d’avoir payé les prestations sexuelles de la jeune Marocaine Karima El Mahroug, alias «Ruby la voleuse de cœurs» alors qu’elle était mineure, un délit passible de six mois à trois ans de prison en Italie. Il est aussi accusé d’abus de pouvoir pour avoir fait libérer Ruby après une interpellation pour vol, ce qui peut lui valoir de 6 à 12 ans d’emprisonnement. Le Cavaliere affirme être intervenu parce qu’il pensait qu’elle était la nièce du président égyptien Hosni Moubarak. La présence de M. Berlusconi mercredi est toutefois «très improbable», a indiqué à l’AFP un avocat du cabinet assurant sa défense, sous couvert de l’anonymat. Selon cet avocat, Ruby ne sera pas présente non plus, tout comme les témoins qui doivent encore être acceptés par le tribunal. Des questions préliminaires pourraient être abordées mais cette journée pourrait en réalité ne servir qu’à fixer une nouvelle audience car les avocats de M. Berlusconi, également parlementaires, pourraient être retenus à Rome. Alors que cette affaire intéresse les médias du monde entier, l’accès du tribunal sera interdit de lundi à mercredi aux photographes et aux caméras de télévision. Silvio Berlusconi et Ruby ont démenti avoir eu des relations sexuelles et nié que les dîners dans la villa du milliardaire à Arcore, près de Milan, aient dégénéré en parties fines «bunga-bunga», comme l’ont raconté des dizaines de participantes, selon des écoutes publiées par la presse. «Je ne peux pas croire à une utilisation de la justice aussi barbare et aussi éloignée de la réalité. J’ai 75 ans et même si je suis polisson… 33 femmes en deux mois me semble trop, même pour un trentenaire», a déclaré mi-mars M. Berlusconi. «Tout ce qui a été raconté sur ces dîners est complètement faux», affirme l’avocat de la défense, affichant sa confiance sur l’issue du procès. Mais selon Franco Pavoncello, politologue à l’université John Cabot de Rome, ce procès est le «plus inquiétant» que M. Berlusconi ait eu à affronter car il «entraîne une situation incontrôlable». «C’est une chose de lire des rumeurs sordides dans les journaux, mais c’en est une autre d’avoir des femmes révélant des détails embarrassants devant des juges», souligne-t-il. Ironie du sort, alors que le «Rubygate» a amené près d’un million d’Italiennes à descendre dans la rue en février, M. Berlusconi sera jugé par trois femmes. Le «Rubygate» pourrait par ailleurs transformer le tribunal de Milan en véritable rassemblement de «people». La défense du Cavaliere souhaite en effet faire témoigner Georges Clooney et sa compagne, l’actrice italienne Elisabetta Canalis, car Ruby a affirmé les avoir vus à Arcore. Ce que l’acteur a qualifié d’«étrange», indiquant n’avoir rencontré M. Berlusconi qu’une seule fois pour obtenir de l’aide pour le Darfour. Plusieurs ministres italiens, la vedette du Real Madrid, Cristiano Ronaldo -Ruby ayant affirmé qu’il s’était offert ses services- ou des stars de la télévision italienne, pourraient également monter les marches du tribunal. Jugé dans plusieurs affaires, le Cavaliere, qui a promis de se rendre au tribunal tous les lundis, a fait son grand retour devant les juges lundi dernier après huit ans d’absence en participant à une audience préliminaire de l’affaire Mediatrade (surfacturation présumée de droits télévisés). Il ne devrait en revanche pas être présent ce lundi car il doit se rendre en Tunisie pour traiter du dossier de l’immigration.

  Mathieu Gorse (AFP)

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