Droit de grève : Le gouvernement fera-t-il marche arrière ?

Droit de grève : Le gouvernement fera-t-il marche arrière ?

La confrontation entre syndicats et gouvernement repart de plus belle en ce début d’année 2018. Et pour cause. Le projet de loi organique sur la grève soumis par le gouvernement au Parlement en vue de son adoption a déclenché une levée de boucliers auprès des centrales syndicales. C’est le cas à l’Union marocaine du travail (UMT). La centrale dirigée par Miloudi Mou- Si le droit à la grève avait été consacré par les différentes Constitutions du pays depuis les années 60, le Maroc ne s’est jamais doté d’une loi en bonne et due forme encadrant ce droit.

Pour la centrale dirigée par Miloudi Moukharik, «le projet de loi doit être gelé puis soumis de nouveau à la table de négociations dans le cadre du dialogue social». Droit de grève : Le gouvernement fera-t-il marche arrière ? Les syndicats demandent le retrait du projet de loi déposé au Parlement © D.R kharik promet un début d’année 2018 chaud pour le gouvernement El Othmani. «Notre syndicat refuse catégoriquement le projet de loi organique relatif à la grève parce qu’il bride un droit constitutionnel», apprend-on auprès de la centrale qui demande tout simplement le retrait du texte du Parlement. «Le projet de loi doit être gelé puis soumis de nouveau à la table de négociations dans le cadre du dialogue social», ajoute la même source. Et ce n’est pas tout.

L’UMT annonce qu’elle va élaborer un mémorandum sur les difficultés et défis devant les libertés syndicales avant de l’envoyer au chef de gouvernement ainsi que les différents cercles du pouvoir. «Nous avons décidé de consacrer tout un mois à différentes formes de protestations contre la situation actuelle des libertés syndicales», expliquet-on auprès de l’UMT. Même son de cloche chez la Confédération démocratique du travail (CDT). Pour les responsables de la centrale dirigée par Mohamed Noubir Amaoui, le gouvernement est mis dans une situation délicate en élaborant d’une manière unilatérale le projet sans consulter au préalable les représentants des syndicats sachant que le projet concerne directement des millions de fonctionnaires et de salariés.

A la CDT également, l’inscription du projet à l’ordre du prochain dialogue social devient un besoin pressant. Le gouvernement peut-il alors faire machine arrière ? Une source parlementaire au sein de la majorité affirme que l’adoption du projet de loi organique encadrant le droit de la grève a déjà pris du retard. Si le droit à la grève avait été consacré par les différentes Constitutions du pays depuis les années 60, le Maroc ne s’est jamais doté d’une loi en bonne et due forme encadrant ce droit.

Notre source parlementaire affirme, par ailleurs, que la Constitution actuelle obligeait le gouvernement précédent à boucler toutes les lois organiques y compris la loi relative à la grève avant la fin de la première législature suivant l’adoption de la Constitution de 2011 sachant que ce délai a expiré avec l’organisation des législatives d’octobre 2016. En tout cas, la confrontation entre les deux parties ne fait que commencer. Les syndicats ne comptent pas baisser la garde. En effet, l’UMT a déjà convoqué une session extraordinaire de son conseil national afin de prendre une décision tranchée concernant le projet de loi organique. Les syndicalistes entendent également exercer une pression sur l’Exécutif afin de relancer le dialogue social dans les plus brefs délais.

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