Électricité : le «Coût» de la panne

L’Office National de l’Electricité déplore l’incident  enregistré au cours de la journée du  mercredi 31 août 2005 entre 14 h et 16 h qui a entraîné une forte perturbation du système électrique national et la coupure de l’alimentation dans certains centres de consommation situés dans les régions de Casablanca et du sud du Royaume. « Cette perturbation a été causée par l’arrêt quasi-simultané de deux unités de production de la Centrale Thermique de Jorf Lasfar  qui a provoqué une chute de tension au niveau des réseaux Centre et Sud du pays et l’arrêt de deux unités de production de la Centrale Thermique de Mohammedia », tient à préciser l’Office National de l’ Electricité (ONE) dans un communiqué.
Ainsi, l’Office a pu limiter les répercussions de cet incident majeur moyennant le délestage d’une consommation de l’ordre de 800 MW ; soit 28% de la puissance appelée au niveau national. La durée d’interruption variait entre 12 min à Marrakech et 1h 40 à Essaouira. Les villes de Mohammedia, Zénata, Taroudant, Ouarzazate, et une partie de Casablanca ont, elles aussi, été touchées.
Selon le concessionnaire d’électricité à Casablanca, les perturbations sur le réseau national d électricité Haute Tension ont affecté plusieurs villes du pays dont Casablanca et en particulier les postes-source « Laâyoune », « Chavigné », «Mohammedia » et « Zénata » , précise le communiqué Lydec qui a enclenché le dispositif immédiatement après la  constatation par le Bureau Central de Conduite (BCC) de ces délestages de fourniture. Les secteurs touchés par ces coupures sont : Belvédère, Roches Noires, Sidi Bernoussi, Aïn Sebaâ, ainsi que les zones de Mohammedia, Zénata et Aïn Harrouda.
Les provinces de Nouaceur et Médiouna alimentées directement par le réseau Moyenne Tension de l ONE ont également été touchées par ces coupures. « Il y a lieu de souligner que ces perturbations du réseau électrique national Haute Tension ont engendré à leur tour des perturbations dans l’approvisionnement de Lydec en eau potable (Stations de production de Daourat et de Sidi Saïd Maâchou), ainsi que dans les principales stations de pré-traitement des eaux usées de Casablanca et de Mohammedia », précise le concessionnaire qui dégage toute responsabilité directe de l’incident. Par ailleurs, les mouvements des trains ont, eux aussi, été perturbés.
Curieusement, cet incident intervient, exactement, une année après de la dernière coupure du 30 août 2004 qui a paralysé Casablanca et Marrakech. Cette situation pose avec insistance l’indispensable régulation devant accompagner la libéralisation annoncée du secteur électrique marocain. La responsabilité, en cas de manquement n’est pas clairement identifiée. Surtout, la sécurisation de l’approvisionnement doit être assuré.
Dans le cadre de la modernisation du secteur et de sa libéralisation attendue pour 2005, il est prévu de mettre en place un marché libre et un marché réglementé avec des possibilités d’échange en matière d’approvisionnement entre ces deux marchés. Le premier marché serait destiné aux gros consommateurs (haute et très haute tensions) et les clients alimentés en moyenne tension. Le second desservirait les clients de la basse tension et continuerait à être garanti et protégé par l’ONE.
Ces deux marchés seraient soumis au système fiscal et partageraient l’accès au réseau de transport de l’opérateur historique. Les Marocains ne pensaient plus revivre les années de coupures répétitives d’électricité comme auparavant. Et pourtant, cela se reproduit encore. La libéralisation annoncée doit tenir compte de ce facteur.

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