Forum méditerranéen : le plaidoyer de Benaïssa

Onze ans après le lancement du processus de Barcelone, le fossé entre le nord et le sud de la Méditerranée continue de se creuser. Contrairement aux vœux pieux formulés lors de ce processus, «les deux rives de la Méditerranée continuent à vivre un écart très important en terme de développement socio-économique», a indiqué Mohamed Benaïssa lors de son intervention à la 13ème édition du Forum méditerranéen qui a réuni, vendredi et samedi derniers à Alicante, onze pays membres du Forum ; à savoir le Maroc, l’Espagne, la France, le Portugal, l’Italie, Malte, la Grèce, la Turquie, la Tunisie, l’Egypte et l’Algérie. A cette occasion, le ministre des Affaires étrangères a rappelé l’exigence de mettre en œuvre l’un des principes-phares qui devrait présider à la bonne marche du partenariat, en l’occurrence celui d’une «solidarité agissante». «C’est de cette solidarité agissante que notre région a le plus besoin aujourd’hui pour dépasser les déséquilibres existants et concrétiser la zone de prospérité partagée à laquelle nous aspirons tous en Méditerranée», a souligné le chef de la diplomatie marocaine. S’agissant du débat en cours au sujet du devenir de la Femip et l’éventualité de sa transformation en Banque euro-méditerranéenne, le ministre, qui a rappelé l’accord de principe exprimé par le Royaume du Maroc pour la création de cette banque, a insisté pour qu’une «telle structure présente une valeur ajoutée par rapport à ce qui existe aujourd’hui». «Le plus important, à mon sens, est que cette structure qui viendrait remplacer la Femip soit orientée, outre les grands projets, vers le secteur privé et, plus particulièrement, vers les PME-PMI du sud de la Méditerranée dont le rôle en termes de contribution à la croissance et à la création d’emploi n’est plus à démontrer».
Ce sont là des propositions à développer par le Forum méditerranéen, une sorte de think-tank né en 1994 d’une initiative franco-égyptienne et dont l’objectif est de rapprocher davantage les deux rives qui ont malheureusement tant séparé les peuples du pourtour méditerranéen.
Malgré les beaux idéaux proclamés il y a 11 ans à Barcelone, le «bassin de la paix» continue d’être déchiré par des conflits sanglants. «Notre région méditerranéenne continue, malheureusement, à faire face à de nombreux défis qui sont autant de menaces à la paix et à la stabilité auxquelles nous appelons de tous nos vœux», a fait constater M. Benaïssa. Le ministre en veut pour preuve et exemple «la crise du Moyen-Orient qui semble dévier du cheminement positif qu’elle avait pris il y a quelques mois». «Après s’être réjoui du retrait israélien de Gaza ; retrait qui représentait une avancée substantielle sur la voie de l’émergence d’un Etat palestinien souverain, nous assistons aujourd’hui à une dégradation considérable de la situation dans la région et à la recrudescence d’une violence dont les protagonistes mais aussi l’ensemble de la région pourraient se passer». Non loin de la Palestine, et il y a à peine quelques mois, en juillet dernier plus précisément, le Liban a été la cible d’une guerre sans merci de la part de l’armée israélienne. «Cette agression perpétrée par un partenaire euro-méditerranéen à l’encontre d’un autre partenaire et la perte de vies humaines et la destruction qui s’en sont suivies ont montré encore une fois que ni le recours à la force ni les initiatives unilatérales ne peuvent régler de manière globale, constructive et durable, les problèmes de la région», a précisé M. Benaïssa. En rappelant les efforts déployés par le Royaume pour la promotion de la paix au Proche-Orient, le ministre a appelé à «la reconstruction du Liban et la relance de son économie». Un appel qui traduit l’engagement humanitaire et historique du Royaume.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *