Impasse en Israël, Arafat tient tête

Huit jours après le début du siège par l’armée israélienne du quartier général de Yasser Arafat à Ramallah, l’impasse est totale. En Israël, le débat est ouvert sur l’utilité de la destruction des bureaux de l’Autorité palestinienne et l’isolement d’Arafat. Un journaliste israélien est allé jusqu’à s’interroger ironiquement pour savoir en quoi le fait de couper la climatisation dans les bureaux d’Arafat concerne la guerre contre le terrorisme.
Pour Ha Aretz, si les Etats-Unis se sont abstenus lors du vote de la résolution du Conseil de Sécurité, demandant la levée immédiate du siège de Yasser Arafat, ce n’est pas parce que le président américain est soudain devenu un disciple du chef de l’autorité palestinienne, mais parce que ses conseillers lui ont expliqué que l’attaque de la Mouqataâ est une résurrection pour Arafat.
Ce dernier parvient de nouveau à rassembler son peuple autour de sa personne alors qu’il était récemment désavoué par son législatif. Son gouvernement a même été acculé à démissionner.
Les manifestations de soutien au leader palestinien se multiplient dans différentes villes palestiniennes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Défiant le couvre-feu, des milliers de Palestiniens défilent quotidiennement dans ces villes, malgré les incursions meurtrières menées par l’armée de Sharon.
La résistance se poursuit sous différentes formes. Le mouvement populaire qui s’est spontanément organisé a pris de court le gouvernement israélien. La destruction de centaines de maisons et d’institutions, l’arrestation de plusieurs milliers de civils, la guerre médiatique et psychologique n’ont pas eu raison de la volonté d’un peuple de s’émanciper et sa détermination à lutter contre l’occupant sioniste.
Dans cette même dynamique, deux ans après le déclenchement de l’Intifada, le nombre de soldats israéliens refusant de servir dans les territoires palestiniens est en hausse, dans une société de plus en plus militarisée. Ces réservistes, qui dénoncent l’occupation immorale des territoires palestiniens, ont vu leur nombre passer rapidement à 500. Un nouveau groupe de 200 lycéens qui doivent accomplir leur service militaire ont annoncé qu’ils refusaient de servir dans les territoires occupés pour ne pas contribuer à l’oppression et à la répression des Palestiniens. « Par rapport à la population, c’est comme si 10.000 soldats britanniques refusaient de servir en Ireland du Nord ou si 40.000 soldats américains refusaient de combattre en Irak », souligne un militant des droits de l’homme israélien. L’impact de ce rejet de l’occupation est tellement grand qu’il est fort probable qu’il contribue largement à dynamiser le mouvement pour la paix de la société civile israélienne.

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