Le Pen pense avoir «le peuple» avec lui

«L’ensemble des forces de l’établissement français s’unissent, main dans la main, le MEDEF (patronat) avec le PCF (communiste), Mgr Lustiger (archevêque de Paris) avec les loges maçonniques (…) c’est l’unanimité nationale grâce à Le Pen», a déclaré ce lundi le candidat FN.
Si la thèse du «complot» fait partie de la tradition lepéniste, M. Le Pen a cru bon d’ajouter que son assassinat «commençait à être évoqué» et qu’il devait prendre «toutes les précautions possibles». Une menace qui ne l’a pas empêché de fustiger son adversaire du jour, à savoir le patronat. «Le syndicat des privilégiés du système (…) sont tous de mèche (…) il n’y a que le peuple qui soit avec Le Pen», a-t-il ajouté avant de revenir sur la devise républicaine «Liberté, Egalité, Fraternité». Si celle-ci ne le «gêne pas», M. Le Pen a estimé qu’elle «doit être sous-tendue par des valeurs beaucoup plus créatives, notamment celles que le gouvernement de Vichy a empruntées à Saint Eloi: Travail, Famille, Patrie». En cas de victoire, Jean-Marie Le Pen a affirmé qu’il serait président «pour tous les Français».
Selon de récentes estimations, il semble pourtant que près de 80 % de ses concitoyens ne veulent pas de lui. Ce que plusieurs centaines de milliers lui font même manifestement savoir tous les jours. Ce que tous les associations de défense des droits de l’Homme, d’égalité entre les peuples, de droits des familles, les associations de déportés, mais aussi les syndicats, dont celui du journalisme, lui ont aussi fait comprendre en appelant à voter contre l’extrême droite. Tout comme les principaux partis de gauche, et, depuis ce lundi, le mouvement des entreprises de France. Celui-ci a en effet dénoncé le programme économique et social du Front national. Un projet qui «provoquerait une régression économique profonde, une montée forte du chômage, une crise financière sans précédent, une poussée inflationniste, un appauvrissement de tous, des tensions sociales explosives», selon le président M. Seillière.
Dimanche soir, le monde des arts et de la culture a également appelé à voter Chirac. Réunies au Zénith de Paris par plus de 100 associations du secteur, quelque 6.000 personnes ont lancé «un appel solennel pour barrer la route à l’extrême droite». Parmi elles, Coline Serreau, Jane Birkin, Jack Lang, Roger Hanin, Laure Adler, Elie Semoun, Emmanuelle Béart, Daniel Toscan du Plantier et des dizaines d’autres intellectuels ou artistes avaient le fait le déplacement. Mais où se cache donc cette France dont se réclame M. Le Pen ?

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