L’euphorie du Mondial 2010 entamée, le plaisir du jeu demeure

L’euphorie du Mondial 2010 entamée, le plaisir du jeu demeure

 

L’Afrique du Sud entend préserver jusqu’au bout l’esprit festif de la Coupe du monde de football, en dépit de son élimination mardi et même si les échecs successifs des autres équipes africaines risquent d’entamer l’euphorie du premier Mondial sur le continent. «Cela aurait été formidable de voir les Bafana Bafana au prochain tour mais leur sortie n’est pas synonyme de fin du tournoi», a relevé le président sud-africain Jacob Zuma. «Le gouvernement appelle les Sud-Africains à continuer de jouer un rôle actif dans l’accueil de ce Mondial historique. Après tout, c’est toujours notre Coupe du monde», a-t-il dit à des journalistes dans les vestiaires des Bafana Bafana, dont la victoire contre la France (2-1) n’a pas empêché l’élimination. Après les larmes qui ont suivi la sortie de leur équipe, de nombreux Sud-Africains semblaient avoir pris note des conseils de leur président. Jusque tard dans la nuit, ils ont dansé et chanté. «Ce n’est pas qu’une question de football, on adore tout simplement faire la fête. Le spectacle continue!», soulignait le supporteur sud-africain Elvis Ndhlvu. Le pays tout entier a embrassé la culture du ballon rond, une atmosphère de fête qui transfigure les townships les jours de match. La débauche de couleurs, de musique et de danse qui gagne alors les quartiers noirs a contaminé l’Afrique du Sud, brisant les frontières raciales. Pour Elvis, les échecs successifs des équipes africaines à accéder aux huitièmes de finale ne changeront rien à la fierté d’accueillir le Mondial, consécration pour une démocratie encore très jeune, sortie il y a seize ans seulement du régime d’apartheid. «Dans tous les cas de figure, les gens vont continuer à soutenir la Coupe du monde en allant aux matches parce qu’ils ont déjà acheté les billets», estime Aubrey Matshiqi, du Centre d’Études politiques.  «A l’extérieur des stades, l’ambiance est déjà moins forte, on ne voit plus autant de maillots jaunes», note-t-il. Selon lui, le défi pour le gouvernement sera surtout de «maintenir l’esprit d’unité» après le Mondial. Sur l’ensemble du continent, les supporteurs devraient se tourner vers des équipes comme l’Argentine et le Brésil, qui pratiquent le «genre de football que les Africains aiment», ajoute l’analyste. Et si l’euphorie va forcément retomber, il reste la fête et la beauté du jeu, pour le simple plaisir de profiter du moment. Zinzine Makhaza, 23 ans, a ainsi décidé de soutenir le Portugal: «Parce que j’adore Ronaldo…».

  Alexandra Lesieur

 

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