Médiation américaine

Au lendemain de l’annulation de la rencontre maroco-espagnole de Madrid, Washington, parraineur de l’accord de juillet sur le conflit de l’îlot Tourah, a confirmé l’existence de consultations pour le retour au dialogue entre les deux parties. Le porte-parole du département d’Etat américain, Julie Reside, a déclaré lundi que « les Etats-Unis demeurent en consultations étroites avec les deux parties » et les incitent à « adhérer à l’entente » à laquelle elles sont parvenues au mois de juillet dernier. Concernant l’îlot Tourah, le porte-parole a déclaré que les deux parties ont assuré l’administration américaine de leur attachement au maintien du statu quo d’avant juillet 2002. Reside a annoncé aussi que Washington continuera ses contacts avec Rabat et Madrid pour parvenir à une solution. « Nous allons continuer à suivre l’affaire de près et oeuvrer avec les deux parties pour une résolution constructive du différend », a-t-elle dit.
En Espagne, cette nouvelle recrudescence de la crise maroco-espagnole est passée au premier plan de l’actualité politique de ce pays.
Au palais de la Zarzuela (palais royal espagnol), le ministre espagnol des Affaires étrangères, Ana Palacio, a informé le souverain espagnol des derniers développements du conflit. Juan Carlos premier a commenté avec Palacio l’annulation de la réunion de Madrid et les raisons invoquées par le Maroc. Les formations politiques espagnoles ont toutes commenté ce nouvel épisode de la crise en soutenant la version espagnole. Toute fois, les acteurs politiques espagnols ont été unanimes en appelant au dialogue et à la reconstruction de la confiance entre les deux pays. Ainsi, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), principal opposant au gouvernement Populaire d’Aznar, a opté pour la solidarité avec ce dernier, et a qualifié la décision marocaine d’être « une grande maladresse ». Insistant sur l’importance du Maroc pour l’Espagne, la secrétaire de la politique internationale du PSOE, Trinidad Jiménez, a exigé au gouvernement de réunir tous les groupes parlementaires pour définir « d’une manière consensuelle » un cadre stable des relations avec « le voisin du sud ».
« On ne peut pas continuer à maintenir la relation de conflit avec le Maroc, car la situation devient chaque jour de plus en plus grave », déclara-t-elle.
En Andalousie, communauté autonome spécialement affectée par la détérioration des relations maroco-espagnoles, le conseiller de la présidence de la « Junta », Gaspar Zarrias, a qualifié l’annulation de la rencontre de « très mauvaise information ». Zarrias a insisté sur « la nécessité d’affronter les problèmes de fond ». Pour ce membre du gouvernement autonome andalou, la détérioration des relations aura des conséquences négatives pour tous.
Le parti nationaliste Convergencia i Unio (CiU), formation politique du président de la Generalitat (gouvernement autonome catalan), a conseillé au gouvernement de Madrid « d’agir avec patience ».
Par ailleurs, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Ana Palacio, a expliqué que l’avion Cessna qui, selon un communiqué du ministère des affaires étrangères marocain, a violé l’espace aérien marocain, n’appartenait pas à la marine espagnole mais à la chaîne de télévision privée « Télé Cinco ».
Dans une déclaration à la Radio Nationale d’Espagne, Palacio a assuré qu’il ne s’agissait en aucun cas d’un avion militaire. Une version corroborée par le porte-parole de Télé Cinco qui a confirmé qu’il s’agit d’un avion loué par la chaîne de télévision , mais il a démenti que l’appareil ait survolé l’espace aérien marocain.

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