Mohand Laenser : «Les forces de l ordre ont été attaquées, il fallait riposter»

Mohand Laenser : «Les forces de l ordre ont été attaquées, il fallait riposter»

ALM : On a remarqué que face à une tension sociale qui monte dans quelques villes du Royaume, les forces de l’ordre ont privilégié la confrontation directe. Comment expliquer cela?
Mohand Laenser : Il n’a jamais été question de confrontation, puisque par exemple pour ce qui est de l’affaire de Larache il s’agit d’un problème qui dure depuis quelques mois. Ainsi il y a eu des explications et des négociations pour faire comprendre à la population que la société espagnole qui revendique le terrain a un contrat régulier avec le domaine, que ce terrain a été loué dans le respect de toutes les conditions que ce soit pour la partie domaniale ou pour la partie des terrains collectifs, et que ce n’est pas quelque chose de nouveau et qu’on ne peut pas empêcher quelqu’un de jouir de l’objet de la location. Donc cela remonte à plus de trois mois. Il y a eu entre-temps plusieurs rencontres avec les représentants au niveau de la province, au niveau des parlementaires, il y a eu de premières tentatives de labour faites par la société qui ont été empêchées par les riverains. Ceci a fait que cette opération a été reportée. Donc c’est vous dire que ce n’est pas tout simplement quelque chose qui date de trois ou quatre jours.  

Est-ce qu’il n’y avait pas d’autres choix que l’usage de la force?
Devant cette situation telle qu’elle est expliquée, il était évident qu’il fallait ou bien permettre à cet exploitant d’utiliser le terrain qu’il avait pris en location ou alors empêcher tout investissement dans ce cadre-là. De plus, à ma connaissance, une partie des revendications des populations, que je qualifierais même d’«illégitimes», puisqu’il s’agissait de demander aux locataires du terrain de laisser une partie du terrain en friche pour que les riverains puissent y faire paître leurs troupeaux, ont été accordées. Donc, nous en tant que force publique, notre rôle, notre stratégie étaient tout simples : faire appliquer la loi.

Qu’est-ce qui explique le recours aux bombes lacrymogènes, balles de caoutchouc et jets d’eau?
Il y a d’un côté quelqu’un qui a tous ces papiers en règle, qui est locataire d’un terrain qu’il veut exploiter. Et de l’autre des gens qui se présentent pour l’en empêcher sans aucune allégation juridique. Eh bien, dans ces conditions nous avons tout simplement essayé de faire respecter la loi. Ainsi les forces de l’ordre ont été attaquées, il y a eu plusieurs blessés et, bien sûr, il fallait riposter, non pas par des armes à feu, mais par des bombes lacrymogènes quand elles étaient encerclées. Elles ont riposté par des canons à eau parce qu’il y a eu des déplacements sur la route nationale pour entraver le trafic.

Quelle est la stratégie du gouvernement face à cette tension qui gagne plusieurs villes?    
Notre stratégie est très simple : chaque fois que ce genre de situation se présente, veiller au respect de la loi. Et il y a la justice qui doit faire son travail et chacun doit s’y adresser aussi bien ceux qui se sentent lésés que les propriétaires. Et nous agissons d’ailleurs sous le contrôle de la loi, puisque le locataire en question à Larache s’est également adressé aux tribunaux. C’est la même logique partout, en tout cas ce sont les instructions qui sont données, maintenant le détail ne me le demandez pas pour chaque ville, je ne suis pas sur place, je ne suis pas les opérations, mais la logique et la stratégie sont exactement les mêmes, c’est de s’en tenir au respect de la loi et du droit sans plus.

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