Mondial amer pour les Egyptiens réduits à regarder l’équipe d’Algérie

Mondial amer pour les Egyptiens réduits à regarder l’équipe d’Algérie

«Cela aurait dû être nous!», se lamente un supporteur égyptien. Septuple championne d’Afrique et lauréate des trois dernières éditions, l’Egypte est réduite à regarder jouer sa rivale l’Algérie, seul pays arabe en lice lors du Mondial sud-africain. La défaite des «Pharaons» face aux «Fennecs» en novembre en barrages, marquée par des violences en marge des matches et un déferlement d’invectives, n’a pas encore été totalement digérée sur les rives du Nil. «Les regarder jouer me rappelle que nous n’avons pas été qualifiés. Les Algériens ne représentent pas le monde arabe. Ils nous ont humiliés et insultés, ils ne peuvent pas jouer en notre nom», tempête Ibrahim Sakhir, un supporteur. «Ils ne méritent pas d’être au Mondial, cela aurait dû être nous», estime Ibrahim Ahmed, un autre supporteur du Caire, inconsolable. «Quel que soit le match que je regarde, cela me rend malade et j’éteins la télé. J’aurais tant aimé que nous soyons au Mondial!», se lamente encore un fan des Pharaons, Fady Heikal. La presse égyptienne s’est contentée de commentaires sobres sur la défaite algérienne (0-1) face à la Slovénie dimanche. Mais nombre de quotidiens ont publié en bonne place la photo du gardien algérien Faouzi Chaouchi laissant passer le ballon de la défaite. Certains journaux parlent directement de «défaite algérienne», mais d’autres, principalement gouvernementaux, soulignent sur un ton plus consensuel que «les Algériens représentent les Arabes». Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, certains supporteurs s’efforcent de mettre en avant cette solidarité arabe plutôt que de se laisser aller à une joie mauvaise face aux difficultés des Algériens. «Nous avons de bonnes relations avec l’Algérie, ce sont les médias irresponsables qui ont essayé de ruiner nos liens. Les Egyptiens soutiennent l’Algérie et espèrent tous qu’elle ira loin», assure Khaled Safaa, qui regardera Algérie-Angleterre vendredi.  A la suite de son échec face à l’Algérie en barrages fin 2009 (0-1), l’Egypte a déjà pris une petite revanche en balayant les Fennecs (4-0) en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en janvier en Angola. Dans la foulée, les Pharaons ont réussi l’exploit de remporter leur troisième trophée continental d’affilée, dominant en finale le Ghana… également qualifié pour la Coupe du monde et qui vient de débuter son parcours sud-africain par un succès sur la Serbie (1-0). Hani Abou Rida, ancien responsable du football égyptien et membre du comité exécutif de la Fifa, cité par la presse, avoue être «très triste face à l’absence de l’Egypte», géant démographique de quelque 80 millions d’habitants, pour le premier Mondial sur le continent africain. Mais, désormais, «notre objectif est d’être présents en force au Brésil en 2014», souligne-t-il.


Christophe de Roquefeuil (AFP)

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