Polémique sur fond de réforme constitutionnelle

La salle est chauffée à blanc, en raison du nombreux public qui a fait le déplacement vendredi soir à la MAP,  mais aussi et surtout de la «sensibilité» du débat organisé par le bureau national de la Jeunesse socialiste du Parti du progrès et du socialisme (PPS). Que s’est-il alors passé ce soir à la salle Mostapha Al Kaoudi ? Les intervenants ont eu «droit» à une «mise au point» énergique de la part des présents, qui leur ont reproché d’avoir fait exprès de ne pas soulever la «question partisane» dans leur débat autour du thème «Quelles réformes constitutionnelles et politiques pour réussir la transition démocratique ?». L’échange verbal a atteint une proportion telle qu’un auditeur a raillé quelques partis représentés à ce débat, en appelant leurs dirigeants à «ne plus se mêler des affaires du peuple».
Les intervenants, membres dirigeants de plusieurs partis, ont-ils fait de l’auto-censure pour éviter d’évoquer un sujet qui fâche : la «crise de la démocratie au sein des partis politiques» ? C’est en tout cas le reproche qui leur a été fait par un public intéressé mais, en même temps, douteux quant aux raisons pour lesquelles «on veut nous prendre la tête, aujourd’hui, avec des histoires de réforme constitutionnelle». «A près d’un an de l’échéance électorale de 2007, on nous sert cette réforme-là. Les partis, paraît-il, veulent se donner bonne conscience. Plusieurs d’entre eux cherchent à se défausser sur la constitution pour cacher leur piètre prestation durant les dernières années de gouvernance», martèle un jeune militant. Cette critique n’a pas laissé indifférent le plateau des intervenants, entre autres Driss Lachgar (membre du bureau politique de l’USFP), Mohamed Sassi (secrétaire général adjoint du Parti socialiste unifié PSU) et Khalid Naciri (membre du BP du PPS). En mettant en garde contre «tout négationnisme» dans l’approche de l’action partisane, l’Usfpéiste Lachgar a affirmé que «nous devons rester (tout de même) modestes pour répondre aux besoins pressants des citoyens». «Durant les contacts que nous avons eus dernièrement dans les différentes régions du Royaume, aucun des citoyens rencontrés ne s’est posé la question sur l’article 19 de la Constitution, ni sur les attributions du Premier ministre», a-t-il reconnu. Même son de cloche chez le dirigeant PPS qui a appelé à ne pas sur-estimer les retombées de toute réforme constitutionnelle, précisant que cette réforme ne doit pas être perçue comme «une solution-miracle» aux problèmes du pays. «Il s’agit simplement de réaffirmer notre volonté de voir émerger un Etat plus fort, plus démocratique et plus efficace», a-t-il souligné, en précisant que l’objectif recherché est «de réhabiliter la politique en ces temps de médiocrité politique». Quant aux propositions faites au sujet de cette réforme, elles convergent vers un même point : une monarchie parlementaire, qui donne au Premier ministre issu de la majorité plus de prérogatives pour assumer pleinement ses responsabilités.   

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