Proche-Orient : Bush maintient sa politique

Le président américain George W. Bush s’est montré déterminé à poursuivre une politique étrangère pugnace, notamment au Proche-Orient, dans un discours sur l’état de l’Union ayant réservé peu de surprise sur le front diplomatique.
De la guerre en Irak aux efforts pour propager la démocratie au Proche-Orient , M.Bush a réaffirmé mardi dans son discours annuel devant le Congrès la nécessité d’un "leadership" mondial américain en 2006 qui passe, selon lui, par un engagement international offensif et une réduction de 75% de la dépendance des Etats-Unis au pétrole du Proche-Orient d’ici à 2025.
"Le seul moyen de protéger notre peuple (…) le seul moyen d’assurer la paix, le seul moyen de maîtriser notre destinée, c’est notre leadership. Les Etats-Unis d’Amérique continueront donc à être en tête", a déclaré le président dans cette allocution s’apparentant largement à une défense de son action en ce début d’année électorale. Pour Stephen Hess, analyste politique à la Brooking Institution, un centre de recherche de Washington, "ce discours n’a pas réservé de surprise".
"Je ne pense pas que les diplomates étrangers qui l’auront écouté aient appris quoi que ce soit", a ajouté cet expert.
Les passages du discours évoquant la politique étrangère que le président américain se propose de suivre cette année présentait des similarités frappantes avec celui de 2005.
L’an dernier, M. Bush évoquait une "nouvelle phase" dans les opérations militaires en Irak, avec le transfert de nouvelles responsabilités aux forces irakiennes. Cette année, il s’est borné de refuser de fixer un calendrier de retrait des troupes américaines.
Il a défendu le rôle des Etats-Unis pour propager "la liberté politique et le changement pacifique", notamment à travers le "Grand Proche-Orient ", appelant l’Egypte et l’Arabie Saoudite a accélérer les réformes démocratiques. Ainsi "les élections sont vitales, mais elles ne sont que le commencement" du processus, a-t-il dit dans une référence claire aux situations en Irak , mais aussi dans les territoires palestiniens après la victoire du groupe islamiste Hamas.
"Les dirigeants du Hamas doivent reconnaître Israël , désarmer, rejeter le terrorisme et oeuvrer à une paix durable", a-t-il dit.
M. Bush n’a pu faire que peu de progrès sur le dossier nucléaire iranien. Il s’est donc contenté de s’adresser directement au peuple iranien, "tenu en otage par une petite élite religieuse", pour lui offrir l’espoir que les Etats-Unis soient "un jour le plus proche des amis d’un Iran libre et démocratique".
Le programme d’arme nucléaire nord-coréen, l’une des questions les plus brûlantes que l’administration aura à régler cette année, n’a pas été mentionné.
La Corée du Nord n’a été mentionnée que comme l’un des cinq pays représentant "l’autre moitié" d’un monde majoritairement démocratique, avec la Syrie, la Birmanie, le Zimbabwe et l’Iran.
Le discours de M. Bush a été largement analysé comme une avant-goût de la campagne électorale du parti républicain, alors que les Américains renouvellent en novembre leur Chambre des représentants et une partie du Sénat.
Le président a promis de poursuivre son combat contre le terrorisme à l’étranger pour éviter une répétition des attentats du 11 septembre sur le territoire américain, défendant bec et ongles son programme d’écoutes aux Etats-Unis, largement critiqué dans le pays.
Pour David Gergen, un ancien collaborateur de la Maison-Blanche devenu consultant pour les médias, les propos de Bush étaient largement destinés à satisfaire l’électorat conservateur.

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