Réinventer le manuel scolaire

La réforme du manuel scolaire est en voie de concrétisation et un grand consensus a été réalisé au sujet des points fondamentaux du projet. C’est en ces termes que M. Abdellah Saâf, ministre de l’Education nationale, a qualifié samedi à Rabat l’état d’avancement de l’un des points les plus suivis de la réforme du système éducatif national. M. Saaf, qui intervenait à l’ouverture d’un forum national sur le manuel scolaire, a annoncé un consensus des intervenants notamment en ce qui concerne l’élaboration d’un manuel fondé sur des méthodes pédagogiques à usage facile, tenant compte des spécificités de l’apprenant pour l’impliquer dans l’acquisition de la connaissance et promouvoir ses capacités intrinsèques d’apprentissage. La question a de tout temps été placée au centre du projet de réforme du système éducatif. Dans une lettre à M. Abdelaziz Meziane Belfkih, président de la Commission spéciale éducation-formation (COSEF), feu SM Hassan II avait souligné en mars 1999, l’importance d’une réflexion de la commission sur «la façon d’améliorer les programmes et les méthodes, les actualiser, les perfectionner et faire en sorte qu’ils stimulent et développent l’esprit d’initiative, de réflexion et d’innovation» de manière à faire passer les générations montantes «du stade de la consommation des connaissances à celui de leur création». SM le Roi Mohammed VI était également revenu sur la question dans le discours prononcé à l’occasion de la rentrée scolaire 2000, qualifiant «d’objectif suprême de notre système éducatif», une éducation et une formation de qualité dans une école «fondée sur des troncs communs, une spécialisation progressive, des passerelles à tous les niveaux, des programmes et méthodes adéquats et fonctionnels». La charte nationale élaborée par la COSEF recommande dans son article 107 la rénovation des programmes d’éducation par les autorités, de façon «étroitement coordonnée et en concertation avec les partenaires éducatifs, économiques et sociaux». Le texte prévoir également, outre la réactivation des instances existantes, la création d’un comité permanent de rénovation et d’adaptation continues des programmes et des méthodes, doté de l’autonomie morale et chargé de planifier, superviser et valider les produits destinés à alimenter les manuels scolaires, sur la base de cahiers de charges précis et en adoptant le principe de la pluralité des références et supports scolaires. La volonté politique, le consensus national et les garde-fous juridiques étant acquis, la balle se retrouve désormais dans le camp des partenaires des autorités de l’éducation nationale. Educateurs, mais aussi éditeurs, libraires et distributeurs, devront apporter leur pierre à l’édifice. L’effort attendu de leur part passe par le développement d’un produit de qualité, répondant aux attentes pédagogiques et matérielles des parents et tuteurs d’élèves, mais aussi aux exigences de compétitivité du marché.

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