Rencontre sur la ville nouvelle à Rabat : Pour une plus grande accessibilité des collectivités locales à l emprunt extérieur

Rencontre sur la ville nouvelle à Rabat : Pour une plus grande accessibilité des collectivités locales à l emprunt extérieur

Le hasard et la nécessité se sont donné la main pour inciter Fathallah Oualalou, maire très médiatisé de la ville de Rabat, à inviter un groupe de ses pairs et d’experts à débattre des questions propres aux grandes agglomérations. La rencontre à laquelle il a appelé lundi et qui s’intitule «Plate-forme d’échanges sur l’urbanisation pour la région MENA» s’est en effet voulue une interface virtuelle pouvant servir de référentiel de connaissances sur les questions d’urbanisation que rencontrent les décideurs du monde entier.
Entrée en matière qui a préludé à cette affaire plus corsée que le maire de Rabat a appelée le nerf de la guerre. Les échanges ont en effet porté sur la très délicate question des finances municipales. Un domaine où Fathallah Oualalou, pourtant ancien ministre des finances, n’est pas particulièrement à l’aise puisque sa gestion accuse un déficit cumulé de plus de 7 milliards de centimes depuis 2008. Mais on peut valablement penser, et certains commentateurs ne s’en sont pas privés, que le maire de Rabat a demandé conseil à ses pairs sur la manière d’arrêter l’hémorragie. C’est d’ailleurs l’un des objectifs avoués puisqu’il s’est agi de la «constitution d’une communauté de pratique autour du thème des finances locales à partir des débats de décideurs et d’experts du Maroc, de Tunisie, d’Egypte, du Liban, de Jordanie, de Palestine et du Yémen». Il y a urgence à se concerter sur des actions communes dans cette partie du monde, dira-t-il dans son mot introductif, «car l’Histoire se fait loin du pourtour méditerranéen, en Amérique latine et en Asie». Le paradoxe, a-t-il laissé entendre, c’est que le pouvoir d’attraction des villes sur la population est de plus en plus grand – dans une dizaine d’années la majorité des terriens seront des citadins – quand les moyens mis à leur disposition ne suffisent pas à la tâche. Et comme certains en ont eu le pressentiment, le maire de Rabat a appelé à une plus grande accessibilité des collectivités locales à l’emprunt extérieur. Car, a-t-il ajouté, il faut dorénavant réfléchir global et agir local. Il s’est par ailleurs dit convaincu que Rabat et Casablanca sont appelés à faire œuvre commune tant il lui paraît évident que l’avenir de l’une n’est pas concevable sans l’autre. Outre cette assertion, c’est l’exposé du Dr Khalid Al Qawasmi, ministre palestinien du gouvernement local, qui a créé la surprise. Première information: la naissance des collectivités locales palestiniennes est antérieure à l’autorité et cela a marqué leur rendu. S’occupant de quasiment tout, elles sont autonomes du centre tant financièrement qu’administrativement et constituent «le premier point de contact entre administrateurs et administrés». Cette multifonctionnalité, sinon simplement l’interdépendance qui doit guider l’action en matière de logement et de cadre de vie, a constitué l’essentiel de l’exposé du ministre de l’habitat et de la politique de la ville. Nabil Benabdellah qui a dit l’importance des moyens financiers mis par les fonds de l’Etat au service de l’habitat a annoncé qu’un milliard et demi de dollars a été servi au profit de 85.000 bénéficiaires tandis que 350 millions de dollars ont été alloués aux fonctionnaires désirant acquérir un logement social: entre 140.000 et 240.000 dirhams. Mais, ce n’est qu’une partie de la question, a-t-il ajouté: un toit ne suffit pas à combler les besoins, il faut en plus un cadre de vie et une source de revenus.

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