Un groupe de députés en prison

La commission législative à la Chambre des représentants a instauré une sous-commission d’information, composée de huit représentants de l’ensemble des groupes parlementaires, chargée d’effectuer un rapport sur la situation carcérale au Maroc. Leur mission vient de s’achever.
« C’est ainsi que nous avons choisi trois centres pénitentiaires », affirme Habib Choubani, député du PJD, président de la commission législative de la Chambre des représentants et dont le parti a eu l’initiative de ces visites de terrain. Les trois prisons choisies sont celles d’Oukacha à Casablanca, la prison civile de Salé ainsi que la prison centrale de Kénitra où se trouvent bon nombre de détenus dans le cadre des affaires terroristes.
Choubani a assuré que les membres de cette commission d’information vont bientôt se réunir pour rédiger leur rapport, et ce avant la fin de l’actuelle session. « Lorsqu’il sera fin prêt, le rapport sera soumis à tous les membres de la commission législative », poursuit Choubani. L’étape suivante consistera à remettre le rapport au bureau de la Chambre des représentants qui sera éventuellement appelée à le communiquer au ministère de la Justice.
Les députés ont rencontré plusieurs prisonniers, au sein même de leurs cellules. Ils ont écouté leurs doléances et leurs remarques concernant leur mission.
Grosso modo, les députés-membres de la commission d’information ont exprimé leur satisfaction quant aux efforts accomplis pour l’amélioration des conditions d’incarcération dans les prisons marocaines. « Sur le volet du respect des droits humains au sein des prisons, force est de constater que le Maroc a accompli d’énormes efforts », souligne Mohamed Fahim, député istiqlalien et membre de la commission qui a visité les prisons. Pour lui, « hormis quelques exceptions, il n’y a pratiquement plus d’atteinte aux droits de l’homme dans nos prisons ».
Fahim va plus loin: « j’ai rendu visite, dans le cadre d’une mission parlementaire, à des prisons dans l’état américain de l’Oregon, je peux vous assurer que l’approche marocaine est beaucoup respectueuse des droits humains que celle des Etats-Unis ». Il en veut pour preuve, l’exiguïté des cellules, le temps limité des promenades et l’interdiction pour un détenu d’avoir un contact physique avec les membres de sa famille lors d’une visite. Ceci dit, Fahim reconnaît que le Maroc doit déployer d’avantages d’efforts pour mettre fin au problème de l’encombrement.
Justement, le député Usfpéiste, Abderrahmane El Amrani, a déclaré que « le manque de moyens financiers est l’obstacle premier qui se dresse devant les responsables marocains ». L’insuffisance des ressources se reflète sur les services de soins, la nourriture, les loisirs, les programmes de réinsertion des prisonniers, les conditions de travail des gardiens de prisons…
A noter toutefois, que le directeur de l’administration des prisons, Mustapha Medah, a annoncé aux députés que la nourriture des prisons sera bientôt assurée par une société privée. Pour ce qui est du surpeuplement des prisons, l’accent a été mis sur le rôle des tribunaux. En clair, désormais, bon nombre de peines d’emprisonnement devraient être évité.
Le rôle de cette commission d’information ne devrait pas être confondu avec celui de la commission d’enquête, comme la commission d’enquête sur le CIH ou la CNSS. La première est l’émanation d’une commission permanente, quant à la seconde, elle est créée par les Chambres elles-mêmes.

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