Abassi : «On a besoin de femmes pour les films d’action»

Abassi : «On a besoin de femmes pour les films d’action»

ALM : Vous avez passé quatorze ans en Angleterre, et vous voilà de retour au Maroc pour faire du cinéma. Qu’est-ce qui a motivé votre choix ?
Nassim Abassi : A la base, je suis parti faire des études en Grande-Bretagne. Après avoir obtenu mon diplôme, et comme toute personne immigrée, la vision des choses changent, et les histoires qui tiennent à cœur deviennent autres que celles qu’on avait avant notre départ du pays.
De ce fait, on voit des choses et on en vit d’autres.  On a envie de s’exprimer, mais il n’est pas toujours facile de le faire. Après tout, nous ne sommes pas chez nous, il y a des limites à prendre en considération.

En parlant de limites, vous venez de terminer votre film «Hors Limites», parlez-nous en ?
En fait, ce travail, au départ, était prévu pour le cinéma. Après l’avoir présenté pour avoir l’accord du Centre cinématographique, la requête a été rejetée en raison du fait que le film a été considéré comme étant «trop ambitieux».
Après cela, j’ai passé un accord avec la production de la chaîne 2M. Mais, tout de même, j’ai essayé de garder le même état d’esprit que pour un film dédié au grand écran. D’ailleurs, même la trame du film l’exige.
En bref, c’est l’histoire d’une jeune femme, dont la vie est chamboulée du jour au lendemain. Du coup, elle se retrouve mêlée à des faits et des événements abracadabrants. A une différence des autres histoires, c’est que cette héroïne est une ex championne d’Afrique de karaté.
Donc, il y a plein d’actions, des scènes de lutte… Je peux vous dire qu’en vrai, il y a des scènes où quelques personnes ont eu de petites écorchures. Alia Reggab, qui joue le rôle principal, s’est révélée être une vraie wonder woman. On a besoin de femmes pour jouer ce genre de rôles dans le monde arabe, pas seulement au Maroc. Je parle de femmes qui puissent jouer des films d’action très intenses, le genre de rôles à la Lara Croft.

Vous parlez de cinéma arabe, le cinéma égyptien est en train de faire de grandes avancées. Qu’en pensez-vous ?
En fait, je n’ai pas encore eu l’occasion de regarder des films égyptiens de près pour les juger. Mais, j’ai vu beaucoup de bandes annonces et je pense que c’est très bien .
L’avantage pour l’Egypte, c’est que les producteurs prennent des risques et investissent dans des projets cinématographiques vu que c’est un secteur qui rapporte. C’est pour cela que les sorties de films de tous genres sont nombreuses en Egypte.
Par contre, au Maroc, la majorité des cinéastes investissent en grande partie leurs propres deniers. Donc, pour les effets spéciaux, le matériel high-tech… ça bloque au niveau du budget.
En fait, ce qui manque au Maroc, c’est le réflexe du cinéma familial. Dans d’autres pays, les sorties au cinéma se font en famille. C’est en somme un plaisir qui se partage en famille.

Et si on parlait de vos projets ?
Mon principal projet est un long-métrage qui sera mon premier film cinématographique marocain. Au centre de l’histoire, un enfant vit quelques péripéties sur un fond dramatique. Le film s’appelle «Majid» le nom du héros.
Je m’implique vraiment dans ce film, car je pense que nous devrions avoir plus de films pour les enfants.
Bien avant, «The winter sun is a lie» a été mon premier long-métrage marocain indépendant tourné entièrement à Londres et en langue anglaise. A l’époque, j’avais beaucoup d’idées. Ce film était le moins difficile à faire, et il traitait de choses que je considère comme très importantes : le mensonge, les relations humaines… Ce qui a donné de l’intensité à l’histoire, c’est, qu’à l’époque, la guerre en Irak battait son plein et c’était intolérable. Vers la fin du film, il y avait un moment assez fort qui mettait en confrontation un personnage d’origine arabe et un Américain. Une scène qui contenait beaucoup de sens cachés.

Etes-vous un «anti-Etats-Unis» ?
Je dirais que je suis «anti- Bush»!

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