Amine Bennis sur les traces de Chaïbia

Amine Bennis sur les traces de Chaïbia

Amine Bennis est un Marocain qui a longtemps résidé à l’étranger. De retour, il y a trois mois, au Maroc pour s’y installer définitivement. Il est aussi chimiste de formation. Jusque-là, rien de bien extraordinaire. Sauf qu’il vient de se découvrir une vocation, la peinture. Sa rencontre avec cet art a eu lieu grâce à une amie.
Amine l’a longtemps observé peindre, «c’est elle qui m’a encouragé, elle m’a tendu ses pinceaux et ses couleurs et me laissa peindre à mon aise ». Voilà qui nous replonge d’office dans un univers semblable, celui de la défunte Chaïbia Tallal. Et c’est loin d’être le seul point commun entre cette artiste et celui que l’on pourrait facilement qualifier de disciple.
Tout comme son «inspiratrice», Amine Bennis n’a pas reçu de formation artistique, sa rencontre avec l’art s’est faite de manière aléatoire, «ma formation, ce sont les expériences accumulées dans la vie, et je continue d’expérimenter ». Il définit sa peinture comme étant spontanément organisée, les images qu’il peint sont à l’origine très furtives. « J’essaye de les capturer d’abord en griffonnant sur un bout de papier la forme entrevue, ensuite j’en fais quelque chose de plus préméditée et structuré». C’est ainsi qu’Amine Bennis traduit sa peinture. M. Bennis compte en son actif deux expositions qu’il a réalisées en Belgique, la première en mai 2002 au pub Gallery à Bruxelles et la seconde en septembre 2003 au musée d’art spontanée de Bruxelles.
La peinture d’Amine Bennis est spontanée. Ses oeuvres sont très colorées et il utilise des couleurs très vives qui rappellent, encore une fois, les tableaux de Chaïbia Tallal. Il affirme lui-même que sa peinture est très proche de celle de Chaïbia et il a tenu à souligner qu’il est très touché par les peintres qui jouent avec les couleurs. Dans ce sens, il déclare : «je suis plus coloriste que dessinateur. Pour moi, les couleurs ont tellement de pouvoir. Vives, elles sont tellement agréables». Dans les tableaux d’Amine Bennis, on peut discerner des sortes de personnages que le peintre considère comme des amis. Des personnages irréels, qui ressemblent à des extra-terrestres, des créatures «anormales», mais qui à force de les voir deviennent normales. «J’aime bien casser les codes des personnages que je peins, un personnage qui a un oeil de moins ou un autre qui possède trois pieds au lieu de deux, peut paraître bizarre au début, mais on finit par s’y habituer et par l’accepter» Ici, l’auteur fait un parallélisme entre ces personnages qu’il crée de son propre imaginaire et le monde réel. Il ajoute : «peut-être dans ce monde où nous vivons, il y a des gens qui sont différents, qui peuvent paraître bizarres pour la première fois, et finalement le bizarre, c’est juste une vue de l’esprit au début ». À travers ces personnages surréalistes, et imaginaires, le peintre veut surprendre les spectateurs, « j’aime bien que le spectateur regarde quelque chose qu’il n’a jamais vu auparavant», explique-t-il. Amine Bennis voit dans la peinture un espace supplémentaire de liberté. Pour Amine Bennis, on peut tout accepter dans la peinture. «C’est le champ dans lequel il n’existe pas de règles». Les tableaux d’Amine Bennis ne sont pas totalement figuratifs, ils tendent plus vers l’abstrait, mais s’il cet artiste s’en défend. Il affirme dans ce sens, «la plus grosse torture est de me demander de faire de l’abstrait. Je crois que j’ai réalisé une ou deux toiles abstraites, mais je n’en suis pas du tout fier».
Il n’en est pas moins sûr que le spectateur n’a d’autre choix que de se confronter à une véritable marée de couleurs qui traduisent, selon le peintre, l’optimisme et la joie de vivre. Là est la devise même de la peinture brute et spontanée.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *