Khénifra, le joyau du Moyen Atlas

Khénifra, le joyau du Moyen Atlas

La ville de Khénifra se situe au Moyen Atlas. Elle est distancée de 160 km de Fès, et de 300 km de Marrakech. C’est la capitale des Zayanes, tribu berbère connue pour sa résistance farouche lors de la colonisation française. Khénifra est la dérivation du verbe berbère «khanfar» qui signifie «agresser». À un moment donné, la ville a été prise de force par la tribu des Ait Bouhaddou. Pour manifester leur hégémonie sur la ville, les Zayanis firent de Khénifra une zone de contrôle. Ils établirent un système « douanier » pour les transitaires, qui furent obligés de payer une taxe. Selon une autre version anecdotique, l’étymologie proviendrait de l’histoire d’un homme fort qui agressait les passants. Akhanfer signifie également «catch». Un jeu très répandu au Moyen Atlas. Le toponyme désigne le lieu où se déroule le jeu. Khénifra tire également son nom de sa géomorphologie en raison de son enclavement entre quatre montagnes. De la coloration rougeâtre de sa terre, un autre nom lui est attribué, Khnifra Al Hamra : «Khénifra la Rouge».
Auparavant, la région de Khénifra a constitué sur le plan stratégique un atout, qui a permis de contrôler la porte de Tadla et de Taza. Son histoire se trouve liée à deux monuments historiques, les seuls d’ailleurs existants encore. Le premier est la Casbah de Mouha ou Hammou Zayani, bâtie par le sultan Almoravide Ibn Tachfine sur le bord d’Oum Errabii, restaurée par le sultan Alaouite Moulay Ismaïl en 1688, dans le cadre de la construction de l’axe stratégique allant de Meknès en passant par Azrou, Khénifra, jusqu’à Marrakech. L’autre monument historique est la Casbah d’Adakhssal. Elle est située à 15 km de la ville et du fameux pont sur l’Oum Errabii. Ce pont est toujours érigé malgré les nombreuses crues qu’il a dû subir. Une légende s’est forgée autour du vieux pont : on croit qu’il est bâti avec des œufs (selon la tradition orale). Par rapport à sa géographie, la ville est dominée par quatre montagnes qui dépassent les 2000 m. Elle est en effet située entre quatre grandes montagnes, Bamoussa à l’ouest, Akllal à l’est, Bouhayati au nord et Jbel Lahdid (ou Bouwazal : montagne de fer en berbère) au sud. La ville est traversée par le fleuve Oum Errabii. Le climat de cette région est continental ce qui influe sur les amplitudes thermiques saisonnières, voire même journalières. L’hiver passe péniblement à cause des températures qui baissent jusqu’à -15°. Il lui succède un été chaud. Khénifra est une ville riche de ces paysages naturels attirants. Elle est la capitale des lacs au Maroc. Parmi ces lacs, se trouve Aguelmame Azegza ou «le lac vert» en berbère. Un lac naturel situé à 30 km de la ville de Khénifra. D’origine karstique, à une altitude de 1474 m, enclavé et occupant une zone dépressive d’une profondeur de 26 m, il est entouré de reliefs calcaires, couvert d’une forêt à prédominance de cèdres et de chênes, sa situation en pleine cédraie moyen atlasique lui confère une beauté merveilleuse, sa superficie est d’environ 62 ha. Ce lac est classé patrimoine national. L’autre lac qui fait la beauté de cette ville majestueuse est Aguelmame Sidi Ali. Il se situe juste à la frontière de la province d’Ifrane en plein cœur du Moyen Atlas. Sa superficie est de 500 ha, la profondeur est de 36 m. En pleine forêt de cèdres, il présente un paysage de ressemblance pré-alpine. Situé à 2 100 m d’altitude, formé d’un massif de roches volcaniques, à 55 km au sud-est d’Azrou par la route de Midelt après Timahdite. Le lac est dominé par le bord du Jbel Sidi Ali qui culmine à 2 395 m (Jbel Bouyizane). L’autre rive du lac est bordée par une grande plaine marécageuse (Ta’nzoult) arrosée par des sources et ruisseaux. Laissez-vous envoûter par le charme du paysage de Khénifra.

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