Notre sondage : Loin de toute tutelle externe

“Notre pays doit-il, à votre avis avoir deux chaînes publiques de télévision comme l’affirme le ministre de la communication ou au contraire disposer d’une chaîne publique et une autre privée comme le souhaite l’opinion publique organisée ?“ C’est la question du sondage ALM de cette semaine. Ils sont 446 à y répondre. 72,4 % estiment que le Maroc a besoin d’une chaîne publique et une chaîne privée de référence, tandis que seuls 27,6 % trouvent que le pays doit disposer de deux chaînes publiques de télévision. De fait, il n’est pas normal que le Maroc continue à ne pas posséder une télévision privée. Lors de sa création en 1989, 2M était une boîte privée. Mais pour la sauver d’une faillite certaine, l’État en a repris le contrôle quelques années plus tard en la recapitalisant. Ce qui était au début une belle opération prometteuse a fini en échec. Une régression. Au moment où l’État se désengage de nombreux secteurs, il détient la réalité du pouvoir audiovisuel. Un monopole qui doit pouvoir cesser.
De nombreux pays dans le monde, tout en maintenant un service public de télévision, connaissent une floraison de télés privées satelitaires. Ces petits écrans, très vivants, montrent chacun la diversité du pays dans ses multiples aspects. Les téléspectateurs marocains découvrent cela tous les jours en zappant, se demandant légitimement pourquoi leur pays n’est pas capable de leur offrir la richesse télévisuelle qu’ils voient ailleurs. Le fait que les Marocains se branchent massivement sur les images venues du ciel représente en soi un échec pour les télés nationales. D’où la question qui se pose d’elle-même : comment les réconcilier avec leur télévision ?
En tout cas, la situation de l’audiovisuel national contraste avec la dynamique du secteur de la presse écrite qui, lui, connaît une effervescence importante marquée régulièrement par la création de nouveaux titres privés et une grande liberté de ton. Le paysage audiovisuel devrait normalement connaître la même vitalité. Ce n’est pas le cas en raison notamment du retard pris dans le domaine de la libéralisation des ondes. La création d’une haute instance audiovisuelle est une étape importante, mais elle ne représente nullement un gage de réussite de la réforme du secteur sur des bases professionnelles.
La chaîne de Aïn Sebaâ, redevenue publique après avoir été une affaire privée, a vocation à revenir à sa vocation initiale, un support avec des capitaux privés où s’exercerait la démocratie marocaine avec son pluralisme et sa diversité loin de toute tutelle externe.

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