Plaidoyer pour Saâd Bendidi

J’aimerais signaler quatre biais amenant à ce jugement (…)
1. Partir d’un cas pour généraliser est un raccourci dangereux et voudrait qu’à chaque erreur on épingle la formation du fautif. L’erreur est humaine et quantité de grands patrons ont été débarqués partout dans le monde pour des erreurs ou divergences stratégiques, avec des formations tout à fait différentes (Jean-Marie Messier pour Vivendi, Charles Prince pour Citigroup, Carly Fiorina pour Hewlett-Packard, Franck Dangeard pour Thomson…). Si on élimine chaque formation à chaque erreur constatée, qui, à la fin, aurait la légitimité pour diriger un grand groupe ?
2. Les dessous de l’histoire ne sont pas à 100% claires et la présomption d’innocence devrait prévaloir. M. Bendidi ne s’est pas encore expliqué. L’accabler alors qu’on n’a pas encore sa version des faits, c’est aller un peu vite dans la besogne. J’aimerais savoir aussi si vous vous êtes intéressés à son passé, car il a été manager à Méditel et à RMA-AlWataniya. D’ailleurs, il avait lui-même conduit la fusion des deux sociétés d’assurance avec succès. Il n’a pas été médiocre, donc autant il a peut-être commis une erreur stratégique pour l’ONA, mais est-ce pour autant suffisant pour remettre en cause toutes ses compétences.
3. Epingler toute la profession des ingénieurs à travers la personne de M. Bendidi est d’autant plus bizarre qu’il a outre cette formation, une autre en Sciences Politiques obtenue à l’IEP Paris (Sciences Po Paris) et un diplôme de Management de HEC (Hautes Etudes Commerciales) qui est la plus grande école de Management en France.
4. Je trouve rabaissant pour les ingénieurs de «les envoyer à leurs chantiers». J’aimerais signaler que le management ne s’apprend pas en école, mais c’est une question d’ouverture, de pratique et d’expérience. Même si ça devait être le cas, je ne pense pas que ce soit en 3 années en école que l’on apprend à devenir un top manager capable de diriger une entreprise 20 ans après. Sinon, pour information, même dans les écoles d’ingénieurs, des cours sont dispensés pour former aux pratiques managériales. En effet, même sur un chantier, un ingénieur est appelé à « manager » justement des équipes. L’ingénieur d’aujourd’hui n’est pas uniquement un expert devant un écran d’ordinateur. C’est une profession qui s’est ouverte et a donné beaucoup de bons managers que ce soit au Maroc ou partout ailleurs dans le monde.

• Omar El Idrissi (France)

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