Tueurs en série : L’agence de la mort (4)

Minuit. Le quartier Al Qods est désert. À pas lents, comme un loup, L’Husseïne y retourne, arrive au seuil de son agence, sort les clés de sa poche, jette un coup d’œil- vif à gauche et à droite. Il veille à ce que personne ne le remarque. Il met la clé dans la serrure, sans faire de bruit. La porte est ouverte. Il entre à l’intérieur sans allumer la lumière. Il prend le cadavre, l’enroule dans un drap et le met dans un grand sac en jute avant de le refermer.
Le surlendemain, 1h du matin, l’Husseïne ouvre la porte de son agence et se dirige vers sa Simca 1100 garée devant la porte de l’agence, la met en marche, ouvre le coffre et rentre à l’agence. Deux petites minutes plus tard, il sort avec le grand sac en jute à la main, le dépose dans le coffre. L’Husseïne monte dans la voiture et démarre. En écoutant une chanson d’Oum Kalthoum, il conduit sans avoir le moindre remord. Une vingtaine de minutes plus tard, il s’arrête à côté d’un terrain vague. Nous sommes au douar Lagwasma, commune Lafdalate, à Benslimane. L’Husseïne éteint les phares. Il ouvre le coffre de la Simca 1100, sort le sac en jute, le met par terre, l’ouvre et sort le cadavre enroulé dans le drap. Il le met par terre. Il prend un bidon rempli d’essence, retire le bouchon et asperge le cadavre. Pourquoi faire ? Il y met le feu! Tranquillement, il monte dans sa voiture et démarre. Comme si rien n’était passé, il rejoint sa femme au lit. Elle est déjà plongée dans un profond sommeil.
Trois jours plus tard. L’Husseïne se rend chez la famille d’Abdellah. Il se présente à sa femme comme l’un de ses meilleurs amis, lui demande de ses nouvelles et promet de déployer tous ses efforts pour retrouver son ami. Avant de partir, il lui remet quelques billets et retourne chez lui. Plus d’un mois plus tard. L’Husseïne retourne chez la famille d’Abdellah, pour lui remettre une petite somme d’argent. 
Deux mois plus tard. L’Husseïne n’a plus d’argent. Les trente mille dirhams se sont évaporés. Et il en a bien besoin. Que doit-il faire pour avoir de l’argent ? Il n’a plus besoin de penser à la méthode. Tout est à présent facile. Il faut simplement chercher la proie facile à mettre dans les filets. À qui le tour? Tout de suite, l’image de son ami, Hadj Mohamed, agent immobilier, lui passe par la tête. En vingt-quatre heures, il n’était plus que cendres. «Au suivant, au suivant», semble-t-il chanter avec Jacques Brel. Et c’est le tour de son troisième ami, Othmane, également agent immobilier. La liste s’arrête là ? Non. «Au suivant, au suivant». La quatrième victime : son ami Abdelkbir, promoteur immobilier. À l’instar d’Abdellah, ils ont été tous les trois assommés par des coups de bâton, criblés à mort de coups de couteau, transportés à bord de la Simca 1100 vers le terrain vague du douar Lagwasma. Leurs cadavres ont été aspergés d’essence et brûlés de sang-froid sans la moindre pitié. Horrible et monstrueux. Après chaque crime, L’Husseïne reprend sa vie normalement comme si rien ne s’était passé. Il profite des milliers de dirhams qu’il leur avait subtilisés. Les familles d’Abdellah, Hadj Mohamed, Othmane et Abdelkbir les ont cherchés partout, à Benslimane et ailleurs. Ils ont cherché  dans les hôpitaux, les commissariats de police et les morgues. En vain. Ni la famille du premier ni celle du deuxième ni même du troisième, avaient la moindre idée sur les destinations prises par les trois pères de famille. A l’exception de la famille d’Abdelkbir. Sa fille, Samira, a été informée du lieu où son père avait l’intention d’aller. 


 (Demain : L’Husseïne sera-t-il exécuté ?)

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