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24 Heures du Mans : Audi mange un lion coriace

24 Heures du Mans : Audi mange un lion coriace

L’Audi numéro un confiée au trio Frank Biela-Emanuele Pirro-Marco Werner, déjà sacré l’an dernier, a rallié l’arrivée avec une avance relativement confortable sur une Peugeot 908, la numéro huit. «La pression sur Audi était très forte», a déclaré Pirro, en faisant référence au fait que tous les espoirs du constructeur allemand reposaient sur le seul numéro un après les abandons des deux autres R10.
«On a passé neuf heures avec beaucoup de stress. La victoire n’en est que plus belle. C’était vraiment une course fantastique».
La Peugeot numéro sept, longtemps deuxième, a rendu l’âme à 77 minutes de l’arrivée, moteur cassé , ruinant les espoirs de l’ancien champion du monde de F1 Jacques Villeneuve de monter sur le podium pour ses débuts au Mans. C’est finalement la Pescarolo-Judd numéro 16, avec le Français Emmanuel Collard à son bord pour l’ultime relais, qui a terminé troisième – et première voiture à moteur à essence – sous une pluie qui a perturbé les débats par intermittence. Peugeot, qui revenait au Mans pour la première fois depuis son triplé historique en 1993 et avait copié Audi en optant pour le diesel, aurait signé tout de suite pour terminer si haut, voire pour terminer tout court. «Finir deuxième, c’est déjà une victoire», a déclaré Bourdais, qui a souffert sous le déluge dans une finale apocalyptique. «Un bateau aurait été plus adapté qu’une voiture sur la fin. En deuxième, on partait en aquaplaning. C’était la panique». La Peugeot 908, qui découvrait la distance après ne s’être rodée que sur des courses de 1.000 kilomètres, a fait preuve d’une fiabilité et d’une compétitivité surprenantes qui autorisent tous les espoirs pour l’an prochain.
Il se confirme cette année que le diesel, qu’Audi avait fait triompher pour la première fois l’an passé, est désormais l’arme absolue pour s’imposer en terre mancelle, au risque d’agacer les petits constructeurs qui ne peuvent s’offrir une technologie complexe et coûteuse. Il se confirme aussi qu’Audi, comme naguère Porsche, n’a pas de rival sur le circuit sarthois. La firme aux anneaux s’impose en effet pour la quatrième fois de suite et a remporté sept des huit dernières éditions.
Tout, pourtant, n’a pas été facile. L’Audi numéro deux, qui menait pratiquement depuis le départ, a été victime d’une spectaculaire sortie de route dans la matinée de dimanche. La roue arrière gauche de la voiture conduite par Rinaldo Capello, qui se souviendra longtemps de son 43e anniversaire, s’est détachée à l’entrée du virage Indianapolis. L’Italien, double vainqueur au Mans, a perdu le contrôle de sa voiture et heurté violemment une barrière de pneumatiques. Il s’en est sorti indemne mais sa voiture était trop endommagée pour repartir. «J’étais à 260 km/h quand la roue s’est détachée», a-t-il dit. «C’était un sentiment horrible. J’étais un passager. Je ne pouvais rien faire pour éviter l’accident. Je ne pouvais que prier pour que tout se passe pour le mieux».
Après l’accident de Capello, une autre Audi, le numéro un, a aussitôt pris le commandement pour ne plus le lâcher. Les deux Peugeot 908 ont profité des malheurs d’Audi pour s’emparer des deuxième et troisième places avant que l’une d’elles refuse d’aller loin. Peugeot n’a pas réussi un retour gagnant et Jacques Villeneuve n’a pas rejoint dans la légende Graham Hill, seul pilote à avoir décroché à la fois le titre mondial en F1 et des victoires aux 500 miles d’Indianapolis et au Mans. Mais, pour l’un comme pour l’autre, rien n’est perdu pour 2008. Une nouvelle bataille des diesels est à prévoir et Peugeot, qui affirmait considérer la course de cette année comme un test grandeur nature, visera clairement la victoire.

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