Azazel, Belzébuth et Satan sont parmi nous…

Azazel, Belzébuth et Satan sont parmi nous…

On plante le décor à New York. On sort de derrière les fagots un flic coriace. On lui colle un nom et un prénom : Ralph Sarchie. La violence, les coups bas, le côté sombre de l’âme humaine, il a déjà vu. On lui assigne une mission: enquêter sur une série de crimes. On lui balance dans les pattes un prêtre, spécialisé dans les rituels d’exorcisme. Les deux doivent trouver les coupables. Très vite, on comprend que les deux compères incarnent à la fois la foi et le doute. Chacun devra nous jouer sa partition sur le mal et le bien. Bref, un condensé de clichés, éculés, déjà vus, mais qui se tient juste par la nervosité de la narration, un montage, au poil et le duo d’acteurs Eric Bana et Edgar Ramirez, qui n’en font pas des tonnes. Dans le genre, on a déjà apprécié un sublime film avec Denzel Washington et Elias Koteas, intitulé «Le témoin du mal». On nous ressort, le même type d’histoire, avec de moins bons acteurs, une histoire moins limpide, et on réchauffe le tout, pensant que les cinéphiles ont oublié, vingt ans après, que Monsieur Koteas parlait araméen et nous donnait un visage bien réel du malin.

D’abord, le film est une adaptation du roman «Beware the Night» de Ralph Sarchie et Lisa Collier Cool. Un gentil opus qui a eu un certain succès. Le réalisateur tente de coller au livre mais offre  quelques embardées assez sympathiques. Sauf  que le rendu final est teinté d’un pseudo-prosélytisme à peine déguisé. Ce côté saint à tout prix qui doit triompher sur le doute et le scepticisme, c’est tellement gratuit et simpliste que le film perd de sa qualité. Dans ce type de produits, il faut livrer ses images sans trop les commenter. On tombe alors très vite dans le descriptif idéologique des situations censées se dérouler au-delà de toute morale et de tout manichéisme. Mais bref, on oublie tout ceci et on se concentre sur l’histoire, ce malaise qui ronge le flic, irlandais de surcroît, et la volonté du prêtre de se réconcilier avec lui-même, comme si cette affaire allait le révéler à qui il est, sans l’ombre d’un doute. Dieu finira donc par nous délivrer du mal, vous l’aurez compris. Et la bande de démons, autour de leur figure tutélaire Lucifer, en prend pour son grade comme dans un film au cinéma.


Réalisé par Scott Derrickson
Avec Eric Bana, Édgar Ramírez, Olivia Munn, Joel Mchale,
Sean Harris
Actuellement en salles au Maroc

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