Deux moi : L’émoi et moi

Deux moi : L’émoi et moi

Vous vous souvenez de votre baladeur. Non, pas votre smartphone, ce vieux baladeur que vous avez gardé, précieusement, dans un carton, avec l’enregistrement de vos morceaux préférés.

Vous l’avez ? Le film de Klapish sera aussi doux que de redécouvrir cette playlist tirée de l’oubli.  Tout commence comme la «bombe humaine», ce morceau du groupe Téléphone : «Rémy ne dort plus sans prendre ses calmants. Mélanie ne travaille plus sans ses excitants. Quelqu’un leur vend de quoi tenir le coup».

Paris est un personnage du film

Nos deux héros sont deux jeunes citadins un peu paumés qui se croisent, se perdent, sans se voir, dans le tumulte magnifique de Paris. Ils sont trentenaires, un peu bobos et épris d’amour. Mélanie (Ana Girardot) est biologiste et est poussée par sa direction. Rémy (François Civil) est cariste puis téléconseiller, le chouchou des DRH. Ils ont tous deux un appartement confortable, rue Marx Dormoy, à deux pas de Stalingrad mais aussi du Canal Saint Martin, si romantique, et pourtant ils somatisent. Leur corps les trahit un peu. Ils veulent comprendre et se rendent, chacun de leur côté, chez un psy.

Tinder ne simplifie pas l’amour

Allô Maman bobo, un petit Souchon, résume bien la situation : «Fêtes, nuits folles, avec les gens qu’ont du bol. J’suis mal en scène et mal en ville. Peut-être un p’tit peu trop fragile.» Si la thérapie fonctionne un peu, la solitude postmoderne colle encore aux baskets des deux protagonistes qu’un marionnettiste semble faire danser, par-delà Internet. Les applications Tinder et Happn ne changent rien à l’affaire.

La plainte de deux cœurs

Piste 3 : Gloria Lasso entre en scène, avec son tube que Mélanie écoute dans son bain. Rémy, séduit par la musique, lance Shazam, entre les murs et découvre les paroles : «Mon histoire, c’est l’histoire d’un amour. Ma complainte, c’est la plainte de deux coeurs. Un roman comme tant d’autres, qui pourrait être le vôtre, gens d’ici ou bien d’ailleurs.» De l’aveu même du réalisateur, cette chanson est un excellent résumé, un bon synopsis, de son film. Cela semble un peu niais sur le papier. Pourtant, la magie Klapish opère bien et un charme fou ressort de ce conte 2.0.

Mieux vaut danser à deux

Après un auto-clin d’oeil à «Chacun cherche son chat», Klapish enchaîne dans un pas de deux et vous invite, doucement mais sûrement, à danser. Dernier titre : «Mon Konpé, ti bom» de Coupé Cloué. La messe est dite : il vaut mieux danser à deux.

Si vous n’aimez ni Freud, ni Lacan, ni même l’Alchimiste de Coelho, le film vous fera peut-être rire dans sa quête de la recherche du bonheur. Les deux psy interprétés par François Berléand et Camille Cottin offrent de vraies respirations et une prise de recul bienvenue dans ce portrait d’une génération hyperconnectée.

Les répliques, simples et opportunes, méritent de s’y attarder. Après la trilogie des «Poupées russes» et «Ce qui nous lie»,  Klapish arrive à nouveau à nous émouvoir avec un film atypique, une comédie romantique et philosophique.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *