Dans son nouveau roman «Clay» : Ahmed El Kabiri mixe l’onirisme de la boxe aux déceptions sociales

Dans son nouveau roman «Clay» : Ahmed El Kabiri mixe l’onirisme  de la boxe aux déceptions sociales

«Clay». Une appellation qui rappelle celle du célébrissime boxeur défunt, Mohamed Ali Clay. L’auteur marocain, Ahmed El Kabiri, lui, a choisi ce nom en tant qu’intitulé de son nouveau roman tout en le glissant dans une peau différente.

Dans cette publication, comme la présente l’écrivain Jamal Moussaoui, l’auteur «remue le couteau dans les plaies de la société». Celles des solitaires ou des personnes évoquées par les opportunistes pour des fins diverses, notamment les enfants, les femmes et les individus dans une situation de pauvreté extrême. Ahmed El Kabiri fait également plonger le lecteur dans le tréfonds de ses personnages ainsi que des réactions de ceux-ci à l’égard de la société dans laquelle ils vivent. En détail, «Clay» est, dans le roman, un marocain ayant grandi en Allemagne. Du jour au lendemain, il se retrouve dans une petite ville arocaine marginalisée suite à la décision de sa mère de retourner au pays après le décès tragique de son époux.

«Ce retour a eu un impact énorme sur «Clay». En fait, il s’est transformé d’un champion mondial potentiel de boxe en criminel condamné à la peine capitale pour avoir violé et tué une fille âgée de quatre ans», précise Jamal Moussaoui. Pour cet auteur, «Clay» pouvait bien avoir un autre sort que celui qui lui a été réservé par Ahmed El Kabiri dans le dénouement de son œuvre. Dans l’intrigue, le personnage principal devient aussi rebelle de par ce changement puisqu’il n’a pu s’inscrire à une école à son retour au Maroc pour avoir dépassé l’âge légal. Une situation qui a fait plonger «Clay» dans une souffrance attisée par un emploi dans un atelier de mécanique. «A travers ce métier, l’auteur illustre l’exploitation des mineurs en tant que couche sociale précaire.

Il présente également la souffrance de la femme qui travaille quasiment à longueur de journée au moment où l’homme fume du kif ou se repose sur ses lauriers», détaille Jamal Moussaoui. De telles conditions compliquent la situation de «Clay» dans la société et engendrent des rapports opposés avec son entourage. Des relations marquées par le rejet, la crainte, l’amitié, l’incapacité d’aimer, le conflit, la violation de la loi et des coutumes sociales, la révolte, l’attention à l’hypocrisie en allusion à la corruption exercée par certaines franges sociales. «Ces détails sont présentés par l’auteur dans un récit enchaîné puisque tout personnage a son propre histoire. Chacune contribue, cependant, à la composition de la personnalité de «Clay», poursuit Jamal Moussaoui.

«Cette difficulté d’intégration dans la société a, selon cet écrivain, nourri la nostalgie du personnage principal pour l’Allemagne que celui-ci cherche à regagner par les moyens d’immigration clandestine. Cette expérience, qui a ressuscité les rêves d’enfance mêlés à celles de championnat en boxe, s’est soldée par une déportation au Maroc où il commet un viol. «Dans ce roman, l’auteur présente un mélange social plein de déceptions cumulées. Une intrigue dans laquelle les personnages n’ont pu mener leur vie convenablement dans une réalité jalonnée de crises et de déchaînement», conclut-il à propos de l’œuvre d’Ahmed El Kabiri

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