1er Forum de mobilisation au profit de la coopération dans le secteur : Les MRE du Canada investissent l’aéronautique au Maroc

1er Forum de mobilisation au profit de la coopération dans le secteur : Les MRE du Canada investissent l’aéronautique au Maroc

De par l’essor du Maroc en industrie aéronautique, il est tout à fait naturel d’associer les Marocains résidant à l’étranger (MRE) à ces avancées.

Le 1er Forum de mobilisation des compétences marocaines du Canada au profit de la coopération dans le secteur aéronautique, organisé vendredi à Skhirat par le ministère délégué chargé des MRE et des affaires de la migration, porte cette fibre. Il est profondément question de faire de nos compatriotes, comme l’a bien dit Abdelkrim Benatiq, des «partenaires indispensables pour le développement du pays». Au-delà de la mobilisation des compétences, l’événement se voulait également, selon le ministre, de promouvoir l’investissement des entreprises québécoises au Maroc dans le domaine de l’aéronautique, voire de consolider la coopération en formation professionnelle, recherche et développement. Aussi, cette manifestation est, comme le précise M. Benatiq, qui a également présenté quelques chiffres, jalonnée de la création d’un réseau de compétences marocaines au Canada, déjà membres du réseau Aéro-Montréal, partenaire de l’événement aux côtés d’Aeromac Experts.

Un taux de croissance de 29% au Maroc

Au Royaume, l’aéronautique réalise, comme le rappelle le ministre, un taux de croissance de 29%. Son collègue au gouvernement, My Hafid Elalamy, également de la partie qui s’est tenue en coordination avec son département, a à son tour abondé en chiffres. Ainsi, ce sont, selon le ministre de l’industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique, 130 entreprises qui opèrent dans le secteur. Elles créent un taux de 55% d’emplois. Aussi, le secteur croît de 20% par an. Le taux d’intégration étant de 32% pour éventuellement passer, selon les dires de M. Elalamy, à 42% en 2020. «Ce secteur est une révolution», se félicite le ministre. Il rappelle par l’occasion que le Maroc dispose déjà de plusieurs entreprises qui fabriquent des pièces de moteurs d’avions. «Nous sommes cependant victimes d’un certain succès. Nous ne nous attendions pas à un appel d’air», contraste-t-il. Dans ce sens, il fait allusion aux «besoins en ressources humaines». En s’adressant aux entreprises marocaines et canadiennes présentes à l’événement, organisé également dans le cadre de la mise en œuvre de la 13ème région Marocains entrepreneurs du monde conçue avec la CGEM, le ministre indique : «Nous avons la capacité de former pour nous et pour vous car nous avons des besoins urgents».     

La forte immersion canadienne

Intervenant à l’ouverture de la rencontre, marquée par la signature d’ententes destinées à rapprocher les entreprises marocaines de celles québécoises, Susanne Benoît, PDG d’Aéro Montréal, a mis en avant les perspectives de la coopération entre les deux pays en matière d’aéronautique. «Dans une industrie mondiale, le Canada, le Québec et le Maroc ont tout avantage à unir leur effort pour croître les richesses et emplois. L’entente signée se veut de soutenir la consolidation des chaînes d’approvisionnement au Maroc et à Montréal», précise-t-elle. Mme Benoît évoque également les jeunes qui sont, selon ses dires, l’une des plus grandes richesses du Maroc. «En termes de défis de la formation, d’emploi dans l’aérospatial, nous avons besoin l’un de l’autre», estime-t-elle. De son côté, Amal Abhir, fondatrice du réseau des compétences marocaines en aéronautique au Canada (Aeromac Experts), indique que ce regroupement est lancé sur initiative de M. Benatiq, précise que ce réseau est un levier pour soutenir le développement économique du pays. En détail, ce réseau se décline, selon ses dires, en 4 axes. Il s’agit, en premier lieu, de mobiliser les compétences marocaines en aéronautique pour créer un réseau. «Au Québec, il y a encore des besoins d’inclusion d’immigrés marocains dans certaines régions», enchaîne-t-elle entre-temps. Aussi, Aeromac Experts se veut, selon Mme Abhir, de promouvoir le Maroc au Canada, consolider une veille technique via des formations aux universités, proposer des partenariats aux donneurs d’ordre canadiens. «Nous voulons jouer un rôle actif en création d’emplois», conclut-elle.

Des projets pour 2020

L’événement était également l’occasion pour des MRE, installés au Canada et employés dans de grandes entreprises dans le pays de l’érable, de présenter des projets pour le Maroc. C’est le cas de Rachid Moudrik, ingénieur chez Bombardier, qui propose un projet de modification d’avions. Son projet consiste à prospecter des pistes de projets de modification d’avions nouveaux ou usagés pour différentes missions. Il offre une solution complète en design, développement et formation.

Le projet est prévu d’être initié au Maroc en décembre prochain pour une identification du premier client en 2019 et un démarrage effectif en 2020. A son tour, Mohamed El Fah, qui travaille chez Heroux Devtek Canada, propose un projet de certification et formation selon les normes américaines. Son projet, qui cible les entreprises aérospatiales, consiste à créer une structure de ressources humaines à Casablanca  avec la volonté de partenariat avec des écoles. Prévu d’être initié en décembre, ce projet démarrera effectivement en janvier 2020.

Stéphane Turcotte, président de Nétur International au Canada, entreprise de fabrication des pièces des moteurs d’avion

« Nous sommes venus voir le potentiel pour s’implanter, ainsi que les activités existantes. Nous avons visité beaucoup d’entreprises », indique M. Turcotte en marge de la rencontre.

Selon ses dires, deux Marocains travaillent dans cette entreprise à Montréal.

«Toutes les visites industrielles que nous avons faites étaient assez proches de la technologie que nous avions. 90% de toute la technologie que nous utilisons, je l’ai vue dans les usines que j’ai visitées cette semaine», précise-t-il.   

Mohamed Benmoussa, ingénieur chez Bombardier et SG d’Aeromac Experts

«Nous allons mettre notre expérience à la disposition des compétences marocaines dans notre pays d’origine et nous allons essayer de la transférer et venir les accompagner».

Il évoque également le projet «Université d’été» qui est bénévole.

«Nous allons venir pour remplir le gap s’il y en a par la formation des personnes qui ont l’expertise dans le domaine. Ainsi les compétences au Maroc vont bénéficier de notre expertise», ajoute-t-il. 

 

Samir Lamnaouar, membre du regroupement Aeromac et ingénieur aéronautique chez CAE à Montréal

Selon Samir Lamnaouar, l’objectif du regroupement ne consiste pas à exploiter l’expertise personnelle de chaque membre du groupe mais plutôt de créer un regroupement avec plusieurs expertises diversifiées pour avoir à faire la communication, le pont entre le besoin du Maroc dans certaines expertises ou domaines de pointe dans l’industrie aéronautique et ce que le groupe a comme expertise par rapport à ses membres.

 

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