À la recherche du marché perdu

À la recherche du marché perdu

Les autres destinations du Maroc ne sont pas mieux loties. Le score réalisé par le Maroc sur ce pays est minime par rapport à ceux attribués à la Tunisie et à la Turquie? Et-ce la faute de la conception des packages, puisque la base de données de l’Office marocain du tourisme révèle que concernant six cas sur dix, le touriste allemand opte pour cette formule. A moins que cela ne soit le veillissement du produit marocain et le retard d’adaptation pris par rapport aux nouvelles tendances comme les «All Inclusives», presque inexistants sous nos cieux, mais qui absorbent désormais 25% de la demande de ce pays européen ?
Ce sont toutes ces questions auquelles ont tenté de répondre plusieurs professionnels du secteur, le vendredi 4 mars à Casablanca. A quelques jours du Salon de Berlin (ITB), l’Association des agences de voyages casablancaises voulait faire le point, et -voeu pieux-, arrêter une stratégie d’ensemble. Une réflexion à laquelle n’était pas conviés les grands tour-opérateurs. Ni TUI, ni Thomas Cook, encore moins Rewe. Ces trois gros opérateurs généralement intègrés (disposant d’une flotte) s’en tirent plutôt bien. En 2004, ils ont réalisé 50% du chiffre d’affaires sur l’Allemagne, soit la moitié des 140 000 touristes de ce pays venus au Maroc.
L’absence de ces opérateurs majeurs s’explique par la nouvelle démarche que l’ONMT compte appliquer au pays de Goethe, à savoir attirer les tour-opérateurs moyens. Soit dit en passant, les responsables de la promotion du pays veulent désormais axer la communication sur des attributs fonctionnels. Les anciennes images vantant le pays des hommes bleus du désert, l’éblouissement des sens et le pays des merveilles ont vécu. Sans doute, croit savoir un opérateur, ces images exotiques ont participé au fait que les Allemands sont toujours étonnés de découvrir un Maroc moderne. S’appuyant sur la récente étude, Monitor, Jamal Klyto, responsable des marchés au sein de l’ONMT, dresse aux agents des voyages un profil de touristes allemands «jeune et avide de renseignements» d’une part, un autre âgé de 50 à 65 ans d’autre part, cherchant à se relaxer à la plage et qui aime la nature et la culture. Ces profils dressés, M. Klyto conclut avec la perception qu’ont les Allemands du Maroc : «Un pays où l’on se rend en faisant attention ». Le Germanique nous concède l’hospitalité, tout en regrettant l’harcèlement omniprésent dans les rues d’Agadir et de Marrakech. L’objectif du Maroc, à travers les campagnes de communication à venir, c’est d’être perçu comme un pays authentique mais moderne. Une dualité qui, pour s’installer dans la tête des Allemands, doit d’abord en chasser les perceptions qu’ils ont du produit Maroc. Les moyens ne semblent plus faire défaut. L’Allemagne est le deuxième marché en termes d’investissements après la France. Sur les 65 millions de dirhams consacrés à la destination, 17% vont aux RP. Le paquet sera mis sur la communication-médias.
Des offensives sont prévues pour toucher le segment des retraites. L’ITB Berlin servira de rampe de lancement à la nouvelle stratégie. Beaucoup de rendez-vous sont déjà pris avec les TO moyens.
L’approche sera déclinée sûrement sur les dix salons qui se déroulent en Allemagne et auxquels l’ONMT est souvent présent. Bref, l’armada de communications déployée est à même de rapprocher le Maroc de l’objectif des 800 000 clients d’ici 2010. Seulement, comme l’a fait remarquer le directeur de la Chambre allemande, à elle seule la communication ne suffit pas, en se demandant s’il y a vraiment différence entre la perception allemande du Maroc et la réalité vécue sur le terrain.
Il y a, dira-t-il, beaucoup à faire au niveau de l’accueil dans les hôtels, où souvent les réceptionnistes ne parlent pas la langue de Goethe. «La clientèle allemande, surtout les vieux ne veulent pas de temps d’attente (signe d’insécurité) et veulent faire du shopping sans harcèlements ». Des suggestions qui serviront sans doute de viatiques pour les décideurs qui se rendront à l’ITB.

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