Aéronautique : Le Maroc dans la cour des grands

Aéronautique : Le Maroc dans la cour des grands

Mise en place de l’écosystème industriel de Boeing

Le contrat en question est le fruit de la corrélation entre les exigences de Boeing, la capacité de livrer à temps, la recherche d’excellence en termes de production, une infrastructure qui répond aux standards internationaux, et les conditions de compétitivité qu’offre le Maroc…

C’est un contrat d’envergure que le Maroc a conclu, mardi au Palais Royal à Tanger, devant Sa Majesté Mohammed VI avec le numéro 1 mondial de l’aéronautique, Boeing. Un véritable coup de maître qui jouera en faveur de l’avenir de l’aéronautique au Maroc. Le projet consiste en la création d’un écosystème de sourcing. Ainsi, 1 milliard de dollars est le chiffre d’affaires annuel que va drainer ce projet en matière d’exportation. De même, l’écosystème va permettre l’implantation de 120 équipementiers sur pas moins de 5.000 équipementiers de Boeing. En termes d’emplois, 8.700 nouveaux postes spécialisés dans le domaine de l’aéronautique verront le jour.

Dans ce sens, le projet sera accompagné de programme de formations conçus par Boeing afin de couvrir les besoins en formation.

Le contrat en question est le fruit de la corrélation entre les exigences de Boeing, la capacité de livrer à temps, la recherche d’excellence en termes de production, une infrastructure qui répond aux standards internationaux, et les conditions de compétitivité qu’offre le Maroc, des ressources humaines de qualité. Tous ces élèments ont contribué à choisir le Maroc comme partenaire dans ce projet. Moulay Hafid Elalamy  souligne que «Boeing a besoin de structures capables de lui livrer à temps, de lui livrer de la qualité, et enfin d’être avec un meilleur prix. Si vous n’avez pas ces critères-là, vous ne pouvez pas prétendre fournir avec un opérateur, de surcroît un leader de l’aéronautique. La problématique qu’ils ont aujourd’hui c’est qu’ils ont plus de commandes que de capacités de livraison». Le Maroc est donc un choix réfléchi de par son offre et son expérience dans le domaine. 

Le Maroc compétitif comme jamais

Le Maroc répond aux attentes de leader de l’aéronautique dans la mesure où «il y a une infrastructure de qualité, une capacité de production, une qualification, et une compétitivité qui est au rendez-vous», souligne M. Elalamy. Et d’ajouter que «l’objectif c’est d’installer des équipementiers de premier plan pour fabriquer et vendre à Boeing un milliard de dollars additionnels par rapport à ce qu’ils font déjà aujourd’hui». Ainsi selon le ministre, «le secteur de l’aéronautique va avoir besoin de 40.000 avions dans les 20 prochaines années. La problématique ce n’est pas le marché, mais c’est d’être capable de les produire pour 8.900 milliards de dollars». De même, selon le ministre, «Boeing est leader mondial incontesté en termes de rentabilité». Le géant mondial de l’aéronautique «a une expérience au Maroc, c’est pour cette raison que je me suis adressé à eux en premier, ils connaissent le terrain. En 2011 ils se sont associés à Royal Air Maroc pour créer MATIS, qui était le premier noyau de démarrage de notre aéronautique au Maroc».

Mondialisation : Le positionnement du Maroc

En réponse aux questions des journalistes sur la compétitivité avec la Tunisie, le ministre de l’industrie affirme qu’il «souhaite que l’ensemble du Maghreb ait une compétitivité accrue et que, encore plus loin, l’ensemble du continent africain maîtrise, développe, et optimise sa compétitivité parce que le monde change. Quand on a parlé dans le plan d’accélération industrielle de la Chine, tout le monde a souri». Et d’ajouter : «Aujourd’hui il y a un changement profond qui s’opère dans le monde de l’industrie. Enfin on l’a compris, nous on l’a annoncé en avril 2014 lors de la réalisation du plan d’accélération industrielle. Trouvez moi un article qui a été fait à part celui de la Banque mondiale qui avait parlé de 85 millions d’emplois qui allaient quitter la Chine».

Dans cette configuration, la compétition entre la Tunisie et le Maroc «c’est du petit jeu, aujourd’hui il y a de la place pour tout le monde». Le ministre de l’industrie a souligné qu’en Afrique, on doit s’organiser pour réaliser des projets de ce type. L’exemple d’un écosystème Boeing était une idée que le Maroc a pu mettre en œuvre. «Certains le conçoivent comme un combat entre l’Afrique et l’Occident pour recupérer des emplois. Ce sont des répartitions de la mondialisation qui sont en train de se développer et qui vont se développer davantage. Il y a des métiers qui partent vers certains pays, notamment la Chine, parce qu’elle était moins chère. Cette dernière ayant décidé de changer de modèle, est montée en gamme, elle fait aujourd’hui des modèles qui ne sont pas des modèles de copie et qui sont qualitatifs». Et de poursuivre que la Chine fabrique aujourd’hui qualitativement. «C’est une chance pour l’Afrique et dans cette globalisation, chacun doit trouver son créneau»

Leila Ouchagour

Journaliste stagiare

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