Agadir : Le tourisme en panne

Agadir : Le tourisme en panne

Plus qu’une simple destination, la ville d’Agadir constitue depuis longtemps un symbole phare du tourisme balnéaire national. Un symbole en perte de vitesse depuis plusieurs années, notamment à cause de la non-régénération du produit balnéaire local. Face à cette donne, un mot clé revient avec insistance : la mise à niveau de la destination.
Dans ce cadre, une réunion organisé vendredi dernier a été consacrée à la présentation et l’examen des résultats de la première phase d’une étude sur la mise à niveau de la destination Agadir. C’est le Directeur des Aménagements touristiques au ministère du Tourisme, Jaouad Ziyat qui a présenté devant les autorités locales, les représentants d’administrations concernées par le tourisme et des professionnels, les résultats de l’étude réalisée par un cabinet de Consultants français sur les potentialités de la station balnéaire et les contraintes entravant sa promotion. Cette étude, dont la 1ère phase vient d’être achevée consiste en trois missions relatives à la vision marketing 2012 de la destination Agadir. Il s’agit de la définition du positionnement de la station, l’élaboration de plans d’animation et l’amélioration urbaine et paysagère de la ville.
Rappelant la méthodologie adoptée basée essentiellement sur l’analyse de l’enquête menée auprès des touristes, des entretiens avec des Tours Opérateurs et des interviews de journalistes sur le marché ainsi que des rencontres avec des professionnels, M. Ziyat a précisé que si les résultats sont venus confirmer les atouts de la station (climat, proximité de l’Europe, plage, paysages et forte capacité d’exploitation : 12 mois par an), ils ont relevé certains handicaps notamment le manque d’espaces de loisir, l’insuffisance de l’hébergement pour familles et de la propreté et l’aménagement urbain de qualité. Premier constat: l’image de la destination Agadir est mal connue sur les marchés extérieurs, malgré ces atouts par rapport à d’autres destinations concurrentes. M. Ziyat a insisté sur la nécessité d’une communication agressive avec des messages balnéaires clairs. Le fer de lance de cette nouvelle approche réside dans le positionnement de la future station de Taghazout comme ressort haut de gamme de la destination. L’intérêt d’une démarche pareille se justifie également par la spécificité de la destination.
En comparaison avec d’autres destinations concurrentes (Las Palmas, Antalya et Hammamet), l’étude conclut que le produit Agadir est unique en l’absence de concurrents directs en hiver. Dans ce cadre, d’autres concurrents militent vers l’unification Agadir-Taghazout avec une nécessité de se démarquer par d’autres produits complémentaires pour le tourisme international.
Où réside le problème donc ? Selon cette étude, il ressort que le transport aérien dans le cadre de la libéralisation en cours du secteur, ne constitue plus le vrai problème pour la destination. Celui-ci est considéré comme étant une conséquence du manque de la demande, comme en témoigne la chute du marché allemand à cause de l’essoufflement du produit balnéaire au niveau international. Mais c’est bien au niveau urbanistique et paysager que les choses se présentent mal. Le diagnostic relève de nombreux dysfonctionnements ayant un impact sur le développement touristique à Agadir. Il s’agit d’obstacles d’ordre physique, urbanistique, démographique, socio-économique et infra structurel. Un ensemble difficilement surmontable.

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