Allemagne : Le lobby nucléaire défend le sursis accordé à ses réacteurs

Allemagne : Le lobby nucléaire défend le sursis accordé à ses réacteurs

Le lobby de l’énergie nucléaire en Allemagne tentait, lundi, de rassurer après les incidents ayant touché le Japon et de justifier l’allongement récemment décidé de la durée de vie des réacteurs allemands. «La principale cause de problèmes au Japon n’est pas le tremblement de terre mais le tsunami, or c’est quelque chose qui ne peut pas arriver ici», assure dans le quotidien Bild le patron du numéro deux allemand de l’énergie RWE, Jürgen Grossmann. «Nous avons des normes de sécurité extrêmement élevées en Allemagne en cas de catastrophe naturelle», a assuré M. Grossmann, considéré comme le porte-voix du lobby nucléaire allemand. Les 17 centrales allemandes sont opérées par RWE, son rival EON ainsi que la filiale allemande du groupe public suédois Vattenfall. Elles produisaient en 2009 quelque 23% de l’énergie consommée dans le pays, selon le ministère de l’Economie. «N’importe quel réacteur allemand est mieux équipé que celui de Fukushima, centrale japonaise victime depuis le tremblement de terre d’incidents en série», a assuré, pour sa part, Ralf Güdner, président du Forum pour l’atome, le lobby de la branche, au Handelsblatt. M. Güdner a défendu l’allongement de la durée de vie des centrales nucléaires allemandes récemment décidé par le gouvernement d’Angela Merkel. «Je ne crois pas qu’il faille remettre en question un concept plausible et raisonnable à long terme en raison de la combinaison malheureuse de deux catastrophes naturelles au Japon», a-t-il dit. Les réacteurs allemands auraient dû s’éteindre progressivement d’ici à 2020 environ, en vertu de la loi passée en 2002 par la coalition des sociaux-démocrates et des Verts au pouvoir en Allemagne à l’époque (1998-2005).
La chancelière conservatrice Angela Merkel et ses alliés libéraux ont décidé d’accorder un sursis de douze ans en moyenne aux réacteurs allemands, malgré une opinion publique restée marquée par la catastrophe de Tchernobyl et très hostile à l’atome. Une décision votée par le Parlement à l’automne 2010.

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