Aquaculture en péril

Le contenu du contrat-programme pour le secteur de la pêche en gestation continue de susciter le débat parmi les professionnels. C’est le cas des entreprises qui opèrent en aquaculture et qui s’activent pour faire prévaloir leur vision sur l’avenir d’une activité encore au stade embryonnaire. Concrètement, la mouture initiale de cet accord préparé à l’initiative du ministère de la pêche prévoit une production aquacole de l’ordre de 15 mille tonnes. Or, la concrétisation de cet objectif est tributaire de l’implication des pouvoirs publics dans la résolution de plusieurs contraintes liées au développement de cette activité dont la production annuelle actuellement ne dépasse 1.500 tonnes, soit 0,2 % de la production halieutique du Royaume. Le chiffre réalisé en 2002 ne dépasse pas la barre de 100 millions de DH.
Le premier écueil qui bloque le développement de l’élevage artificiel des poissons est physique. En effet, le nombre des sites abrités qui s’apprêtent à cette activité est faible, d’où la nécessite d’investir dans «l’off-shore», martèlent les professionnels. Cependant, cette option exige des investissements lourds.
Sur le plan juridique, aucune réglementation n’a pas été mise en place par le ministère de tutelle pour donner une visibilité aux investisseurs potentiels. Ce bug juridique est aggravé par la multiplicité des intervenants administratifs dans le processus de l’industrie de l’aquaculture. Pis encore, cette dernière est marginalisée au niveau de l’organigramme du ministère géré par Tayeb Rhaffes regrette un professionnel qui a requis l’anonymat. Autre facteur de blocage, et non des moindres, la contrainte foncière.
Les investisseurs intéressés de se lancer dans la niche de production aquacole butent sur la complexité du statut du foncier des terrains bas propices à cette activité. Ce blocage est doublé de la cherté des redevances exigées par les propriétaires. Le développement de cette activité n’est pas à la charge de l’Etat, l’encouragement des jeunes promoteurs à investir dans ce domaine reste incontournable. Il s’agit principalement des projets aquacoles ne nécessitant pas de grands investissements, notamment en conchyliculture (élevage des coquillages). A rappeler que l’Institut national de recherches halieutiques (INRH) a publié récemment un rapport exhaustif qui dresse la radioscopie de l’aquaculture au Maroc. L’étude a présenté également les résultats des recherches menés par l’Institut sur trois espèces de coquillages (la moule, la coquille saint jacques et l’huître) ainsi que celles relatives à l’élevage de thons rouges et de pagres en offshore grâce à l’écloserie du centre aquacole de M’diq au Nord.

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