Bader Al-Dafa: Le Maroc est une référence agricole

Bader Al-Dafa: Le Maroc est une référence agricole

ALM : 3 ans après l’annonce de la création de la Global Dryland Alliance. Qu’est-ce qui a été réalisé de concret ?
 

Bader Al-Dafa : L’Alliance prendra forme officiellement à partir du dernier trimestre 2015. Nous procéderons ainsi à sa mise en œuvre effective et entamerons à partir de Doha, où sera le siège permanent de la GDA, les premières actions de l’Alliance.
Certes, l’élaboration de ce projet nous a pris trois années. Nous avions pris le temps nécessaire pour concevoir une organisation différente, à la fois dans son orientation et dans sa composante. Nous ne venons pas concurrencer mais plutôt compléter ce qui est fait en termes de sécurité alimentaire au niveau mondial.

Les trois années nous ont permis, également, d’établir les contacts nécessaires avec les pays potentiellement membres ainsi qu’avec les organisations internationales qui accompagneront cette initiative. Citons dans ce sens : la Banque mondiale, la Banque islamique de développement ainsi que les entreprises privées leaders dans les technologies agricoles. La principale ambition de la GDA est la pérennité.

La perpétuité reste tributaire d’un appui financier permanent. C’est pour cette raison que nous œuvrons à mettre en place des mécanismes de financement innovants pour garantir les fonds nécessaires. Nous avons entamé dans ce sens des négociations avec les pays européens pour créer une synergie qu’on mettra au profit des zones arides. Nous sommes rassurés de l’intérêt manifesté. Plusieurs pays européens sont prêts à apporter leur aide et appuient l’initiative du Qatar de créer une organisation internationale chargée de la sécurité alimentaire des zones arides.

Le Maroc est partenaire de cette initiative. Comment contribuerait le Royaume à la Global Dryland Alliance ?

Il faut souligner que le Maroc, en la personne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a été le premier pays à appuyer l’initiative. Et pour preuve : la tenue de la conférence de Marrakech a été placée sous le Haut patronage du Souverain. Tout cela traduit la confiance manifestée par le Maroc et son engagement pour la constitution de la GDA. N’oublions pas que le Maroc est une référence agricole. Le Royaume a parcouru une importante étape en termes de création de barrage, d’extension de terre agricole et de diversification de productivité. Tous ces efforts servent de modèle et pourraient éventuellement être transcrits dans les autres pays de l’Alliance.

Sur quoi repose la mission de l’Alliance ?

Nous avons déterminé deux volets. Le premier consiste à apporter de l’aide nécessaire aux pays touchés par la sécheresse ou les inondations. En temps de crise, ces pays, pour la plupart pauvres, sont contraints d’acheter des produits alimentaires à prix élevés. A travers l’Alliance, nous répondrons aux urgences à un tarif normal. On pourrait même recourir à des exonérations. Pour combler tous les besoins, nous disposerons de stocks dans des régions sécurisées. Pour cela, nous travaillons conjointement avec la FAO pour mettre nos provisions dans ses dépôts et aussi pour se servir de sa flotte pour l’acheminement des aides. Le deuxième volet concerne la recherche et le partage d’expérience.

Vous avez plaidé pour la création d’un fonds de financement. Comment se déploierait ce mécanisme ?

Comme je l’ai précité, nous voulons mettre en place des financements innovants. Nous avons identifié plusieurs pistes. Je pense que le bon choix serait de prélever un montant d’environ 1 à 2 euros sur quelques prestations de services, et ce à l’instar de ce qui se passe au niveau des autres organisations, en l’occurrence l’Organisation mondiale de la santé ( OMS). Nous pensons, à titre d’exemple, aux recettes de voyage. Je suis persuadé que plusieurs personnes adhéreront à cette démarche du moment que c’est pour la bonne cause.

Alliance mondiale des terres arides (Global Dryland Alliance): Ce qui a été décidé à Marrakech


Ils sont seize pays à adhérer à la Global Dryland Alliance ( GDA). De même, neuf organisations régionales et internationales, dont l’ONU et des agences spécialisées, s’ajoutent aux membres de cette organisation, créés sous l’initiative de Son Altesse Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani. La Global Dryland Alliance franchit une étape importante de son histoire. A la veille de son lancement effectif, le collectif s’est réuni à Marrakech. Les recommandations tirées en marge de cette rencontre, tenue les 29 et 30 mai, donnent plus de légitimité à cette organisation potentiellement internationale. La déclaration de Marrakech manifeste pleinement l’engagement des pays membres à créer une coopération multipartite.

Le but étant de garantir la sécurité alimentaire sous ses dimensions environnementale, économique, sanitaire, humaine et sécuritaire. Les pays membres ont chaleureusement accueilli le mécanisme proposé par la GDA en vue de mobiliser des fonds supplémentaires et alléger le fardeau des budgets et garantir la pérennisation des ressources financières.

Ils ont, par ailleurs, appelé la société civile à prendre part à cette initiative. Comme ils ont plaidé pour le renforcement et la diversification des mécanismes d’échange des expériences et des meilleures pratiques dans divers domaines, en l’occurrence : le conseil agricole, le transfert de la technologie, l’amélioration des politiques agricoles et hydriques, le développement des plans d’investissement et la modernisation du système de la sécurité alimentaire.

 

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