Bon cru pour les coopératives agricoles

Le constat de l’Union Nationale des Coopératives Agricoles au Maroc (UNCAM) est sans appel. Dans un communiqué diffusé hier à l’issue de son conseil d’administration tenu la semaine dernière, son bureau souligne que malgré le désengagement de l’Etat de la gestion des coopératives agricoles, celles-ci ont réalisé de bonnes performances.
Dans son rapport, l’Association se jette des fleurs en soulignant que grâce à son action, plusieurs résultats positifs ont été atteints. Il s’agit notamment du sauvetage et de la redynamisation des coopératives menacées de faillite, la sauvegarde du cheptel et aide au milieu rural à travers la distribution de 10 millions de quintaux d’orge subventionné, la garantie d’emploi pour près de 8200 cadres et employés, la réalisation d’un bénéfice de 50 millions de DH et la baisse des taux d’intérêts relatifs à certains projets extérieurs de l’ordre de 2,4%. Le conseil de l’UNCAM a affiché sa satisfaction quant aux résultats enregistrés en 2001en dépit d’une mauvaise conjoncture marquée par la sécheresse, le recul de la production et la concurrence au niveau du marché des céréales et aliments en bétail.
Pour mieux cerner les retombées de l’action de l’Association, il faudra revenir quelques années en arrière. Du moins, si l’on en juge par les termes du communiqué. On apprend alors que l’activité des coopératives de céréales a connu plusieurs évolutions notamment par la mise en place de commissions de vigilance présidées par les gouverneurs. Il faut ajouter à cela, la désignation par le ministère de l’Agriculture de nouveaux cadres par assurer la gestion de ces structures. Cette situation a duré jusqu’au moment où l’Etat a décidé de rendre ses parts aux adhérents des coopératives. Selon toujours l’UNCAM, l’activité de ces unités a été stable et leur mission principale était de protéger la production nationale.
A ce propos, il faut préciser que l’Etat leur assurait l’achat des céréales à un prix minimum garanti, mais à condition qu’elles détiennent le stock en contrepartie d’une compensation fixée. Jusque-là, tout allait bien. En 1995, une production record a été réalisée. Ce qui a mené plusieurs coopératives agricoles à faire appel à des emprunts pour racheter les céréales au prix officiel et le stocker. L’UNCAM note à ce sujet que la libéralisation du secteur des céréales, intervenue juste après a eu l’effet d’une catastrophe pour les coopératives. Selon l’Association, cette libéralisation s’est traduite par l’inondation du marché marocain par d’énormes quantités de céréales importées à des prix défiant toute concurrence.
Résultat: les coopératives n’ont pas pu écouler leurs stocks. Chose qui s’est traduite par des pertes et des faillites. A ce propos, l’UNCAM cite la fermeture des coopératives de Fès, de Kénitra et de Tétouan. D’autres ont gelé leurs activités pour cause d’endettement telles que celles de Rabat, Marrakech, El-Jadida et Oued Zem. A cette époque, on s’attendait même à la dissolution des onze coopératives restantes. D’autant plus que l’Etat n’a pas bougé le petit doigt pour rectifier le tir. C’est à ce moment que l’intervention de l’UNCAM a été décisive dans le sens où elle s’est lancée dans une vaste opération d’évaluation et d’identification de programmes structurants. La nouvelle loi sur les coopératives a facilité la réalisation de cette action dans la mesure où celle-ci a transformé ces structures en entités autonomes aussi bien au niveau du fonctionnement et de gestion.
Dans sa démarche, l’UNCAM a été conseillée par un cabinet d’expertise pour trouver les meilleures solutions. Selon les responsables de l’Association les résultats majeurs illustrant les retombées de son action sont : un chiffre d’affaires qui s’élève à 2,1 milliards de DH et un excédent de 50 millions de DH.

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