Boussaïd en quête d’un modèle de développement pour assurer la durabilité de croissance

Boussaïd en quête d’un modèle de développement pour assurer la durabilité de croissance

Le taux de – 2% de croissance annoncé, lundi à Rabat, par Mohamed Boussaïd pour 2016 laisse voir une situation économique critique dans le pays.

Plusieurs facteurs, dont le modèle économique, contribuent à cet état de croissance. «Sur la base d’une prévision de production céréalière de 33,5 millions de quintaux, la valeur ajoutée agricole connaîtra une régression de 7,3% par rapport à 2015, ce qui impactera le taux de croissance», précise le ministre de l’économie et des finances lors de la présentation du colloque international qui tentera de répondre à «Quel modèle de développement pour l’entrée du Maroc dans le concert des pays émergents ?». Un événement qui se tiendra les 2 et 3 juin prochain à Skhirat. En attendant, M. Boussaïd explicite le mode de croissance du pays.

Comment assurer une durabilité de croissance ?

«Nous voulions diminuer l’impact du secteur agricole sur la croissance, chose qui a d’ailleurs eu lieu. Cependant, la période de sécheresse change la donne», estime l’argentier du Royaume en se prononçant sur la durabilité de croissance. «Pour réaliser la croissance, il faut consommer et développer les richesses. Chose qui diminue la valeur globale du capital national», détaille-t-il en prenant le modèle de développement pour «un processus et non une recette». Aussi, la régionalisation est, à ses yeux, l’un des éléments du modèle de développement du pays.

Données chiffrées  

En dehors des céréales, la campagne agricole enregistre, selon M. Boussaid, de bonnes performances, notamment pour l’arboriculture fruitière qui affiche une croissance estimée à 15%, les cultures industrielles (+5%) et cultures maraîchères (+5%). A l’exception de la branche de la chimie et parachimie, le secteur industriel connaîtra une nette amélioration. L’activité touristique cumulée au Maroc a, pour sa part, enregistré une progression de 6,6% en termes de recettes, malgré une légère baisse des arrivées (-0,5%) et des nuitées (-0,9%) au premier trimestre 2016 par rapport à la même période de l’année précédente. Au niveau de la demande intérieure, la consommation des ménages, soutenue par l’évolution maîtrisée des prix à la consommation, devrait tirer profit de l’évolution globalement favorable des revenus des ménages, bénéficiant, notamment, de la dynamique des transferts des MRE et des crédits à la consommation (+5,6% à fin mars) ainsi que de l’effet d’entraînement de la campagne agricole exceptionnelle de l’année précédente. Dans ce sens, les recettes des MRE ont atteint à fin avril 19,4 milliards de dirhams contre 18,7 MMDH un an auparavant, en progression de 4%.

Comment être un pays émergent ?

«Pour être émergent, il faut se concentrer sur la recherche scientifique et l’économie du savoir», souligne le ministre de l’économie et des finances. Pour l’heure, le Maroc se situe à mi-chemin de l’entrée dans le concert des pays émergents. «Nous sommes en zone grise», estime Idris El Azami El Idrissi, ministre délégué chargé du Budget, en soufflant la volonté du pays de réaliser «un décollage réel du modèle de développement avec une qualité éminente». D’où l’intérêt du colloque qui, selon lui, contribuera à apporter les démarches susceptibles d’assurer un vrai décollage. De surcroît, ledit événement tentera de répondre aux questions formulées par M. Boussaïd : «Est-ce que nous avons les moyens d’accélérer cette entrée dans le concert des pays émergents? Est-ce que notre approche de réduction des disparités est efficace?».

Une base de données pour le développement

«Le colloque sera couronné par la constitution d’une base de données qui servira à fixer les politiques futures ayant trait au développement», précise Fouzi Lekjaâ, directeur du budget et président de l’Association des membres de l’inspection générale des Finances, partenaire de l’événement. «Les débats de ce colloque qui se tient à la veille des élections aboutiront à l’élaboration d’un manuel qui constituera une référence de réflexion permanente auprès de l’inspection générale des Finances», enchaîne-t-il.

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