Code de la route : Le mouvement de protestation redémarre

Code de la route : Le mouvement de protestation redémarre

Plus d’une année après son adoption par le Parlement le 1er octobre 2010, le Code de la route ne fait toujours pas l’unanimité. Il en fait de moins en moins en vérité. Après les camionneurs dont le mouvement de protestation avait gelé le trafic à différentes périodes de l’année dernière, les chauffeurs de taxis ont organisé l’un des premiers mouvements revendicatifs de la nouvelle année et ont exprimé  leur ras-le-bol face à un texte dont ils désapprouvent le «caractère oppressif». Auparavant, menaçant de paralyser le trafic routier sur l’ensemble du territoire par une grève générale au mois de janvier, la Fédération nationale des chauffeurs et professionnels du transport, qui s’était prononcée dès le départ contre le projet, lui marquait une énième fois son hostilité. Elle a été suivie par les chauffeurs de taxis qui ont débrayé tout au long du mois dernier dans un certain nombre de villes telles que Laâyoune et Fès. Il semble que le pire est à venir, les différents groupements professionnels de la route manifestant leur volonté de protester contre le texte qui régit l’usage de la route. Si le code n’a dès le départ jamais fait l’unanimité parmi les machinistes, ce sentiment va croissant à mesure que la pratique leur permet d’en découvrir les différentes facettes. Normal, commente ce responsable d’un des syndicats des chauffeurs de taxis de Rabat pour qui autant la complexité du texte que le niveau d’instruction des machinistes n’avaient permis d’en comprendre les dispositions et d’en anticiper les conséquences. «C’est un document touffu, complexe… D’ailleurs son élaboration a duré deux ans avant qu’il ne soit présenté au Parlement. Nous autres chauffeurs, nous ne pouvons en avoir une claire idée que d’après ce que nous constatons dans l’exercice de notre métier. Et ce quotidien est proprement intenable». En fait, ce qui est intenable, c’est l’espèce d’épée de Damoclès que les règles du code font planer sur les machinistes en cas «d’accident corporel». Elles sont pour la plupart privatives de liberté dans une profession où le rendement est tributaire de l’utilisation maximale de chaque instant. En fait, personne n’est heureux à la perspective d’être emprisonné pour un événement qu’il subit autant que la partie adverse.
Pourtant à sa naissance après deux ans de procédure, le code visait une plus nette authentification de la responsabilité en cas d’accident en y incluant le propriétaire et le chargeur. Il était également destiné à freiner le rythme de progression de l’hécatombe sur les routes. Là aussi, les résultats n’ont pas été au niveau des espérances. Après une baisse momentanée de la moyenne hebdomadaire des accidents dans le périmètre urbain à moins de 20 cas, elle est remontée à 22. Pour ceux qui contestent l’efficacité du nouveau code, c’est suffisant pour établir qu’il n’est pas le remède souverain qu’on croyait. Mais faut-il pour autant en envisager la révision ? Pas dans un avenir proche en tout cas, les problèmes de circulation routière se situant au bas de l’échelle des priorités du gouvernement. Cependant, l’affaire pourrait se faire, obligeant Ghellab le parlementaire à changer ce qu’il avait défendu contre vents et marées comme ministre…

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