Commerce international : La terre se fragmente

Mardi dernier, le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi a proposé une réunion cet été entre le Japon et les pays de l’Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN) pour relancer son projet de « communauté économique » est-asiatique.
Cette proposition reprend l’offre faite en automne par la Chine à ses voisins de l’ASEAN, qui regroupent Bruneï, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, la Birmanie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam, de créer d’ici dix ans une vaste zone de libre-échange couvrant la région.
Que ce soit le Japon ou la Chine qui l’initie, cette proposition augure de la création à terme d’une zone commerciale de l’est-asiatique, couvrant 2 milliards de consommateurs, véritable pendant de l’Union Européenne ou encore de la zone de libre-échange des Amériques, en devenir. Il a crée par le traité de Rome en 1957, elle est en passe de s’élargir à ses voisins de l’Est, en dépit d’hésitations de tous bords, de négociations âpres et d’atermoiements, de la part des européens, peu enclins à ouvrir leur porte-monnaie mais aussi des Etats candidats qui au contraire réclament davantage de financements.
Au final, la division du commerce international entre grandes zones régionales qui se dessine mettrait un frein au projet universel poursuivi par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), en dépit des voeux pieux et des engagements pris par chacun lors du lancement d’un nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales en novembre à Doha (Qatar). Préfigurant cette division, les récentes positions unilatéralistes des américains, ont relancé les tensions, menaçant de dégénérer en guerre commerciale, européens et japonais menaçant les Etats-Unis de mesures de rétorsion après l’imposition par Washington de droits de douane de 8% à 30% sur les importations d’acier. Par ailleurs, une fois ces grandes régions commerciales implantées, quid du devenir de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande ou encore de l’Inde et de la Russie : Ces pays seront-ils condamnés à se rallier à l’un des pôles commerciaux de la planète ? Sans oublier que l’évolution actuelle laisserait encore de côté des régions économiquement chancelantes, comme le Moyen-Orient ou l’Afrique.

• Géraldine Amiel (AFP)

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