Contrats de croissance à l export : La 2ème édition à l ombre du déficit commercial

Contrats de croissance à l export : La 2ème édition à l ombre du déficit commercial

Abdelkader Aâmara a voulu donner à la cérémonie de signature du 2ème tour du soutien aux exportations additionnelles l’éclat d’un adieu. C’est peut-être la dernière des opérations de grande envergure qu’il aura à mener en sa qualité de ministre de l’industrie, du commerce et des nouvelles technologies dans le 1er cabinet Benkirane. Certains de ses proches pensent qu’il rempilera après Aïd Al Fitr et, à les en croire, au même poste ministériel.

En attendant, Abdelkader Aâmara a déjà l’oreille de l’ASMEX et de la CGEM qui ont délégué 25 de leurs entreprises exportatrices pour signer jeudi une nouvelle fournée de «contrats à l’export». C’est la 2ème édition de ce type d’engagements financiers directs de l’Etat en faveur de l’entreprise exportatrice, et dont le cycle devrait contribuer à améliorer le solde commercial d’ici à 2017, a-t-il laissé entendre  lors d’un point de presse.

C’est plus précisément l’un des 3 principaux outils forgés pour booster les velléités exportatrices des entreprises qui croient avoir la vocation, «qu’elles soient émergentes ou confirmées – grosso modo TPE ou PME».

Les autres instruments sont l’audit qui permet de s’assurer de l’existence de cette vocation et les consortiums, groupements dont l’utilité a été démontrée dans des domaines tels que la logistique et la conquête des marchés extérieurs.

Le ministre a particulièrement insisté sur la finalité du programme «mis en œuvre en partenariat avec le ministère de l’économie et des finances, de la CGEM et de Maroc-export», avec pour but de générer des exportations additionnelles, de faciliter aux entreprises l’accès aux moyens de développer leurs produits sur les marchés cibles, d’y renforcer leur positionnement -par le biais du Centre marocain des exportations et des foires, notamment -, et surtout «de convertir les entreprises exportatrices occasionnelles, ou non-exportatrices, en exportatrices professionnelles et régulières». Coût estimé de la mutation: 1 à 1,26 milliard, selon les déclarations. Ce n’est pas cher payer, juge-t-on de source proche du ministère.

La 1ère édition a en effet profité à 109 entreprises, celle qui a été lancée jeudi devrait bénéficier dans un terme proche à 30 entreprises en sus des 25 signataires. En sorte que, si tout va comme on le souhaite, ce seront 375 entreprises qui seront initiées aux vertus de l’export en fin d’année 2017. Abdelkader Aâmara pense en effet que cet objectif est dans l’ordre des choses. «De plus en plus ouverte sur le reste du monde, l’économie marocaine est en train de progresser sur la chaîne de valeur, et parallèlement, de plus s’adresser à la demande extérieure qu’à la domestique». En arrière-plan de cette évolution désirée, le déficit de la balance commerciale. Il est structurel et croissant, dira le ministre.

Il était de 40 milliards de dirhams il y à peine un lustre, il est de 200 milliards aujourd’hui, dont 100 pour la seule facture énergétique, et néanmoins, il est cependant compressible. Mieux, c’est par surcroît d’exportations qu’on peut espérer le réduire. Mais là, les habitudes tétanisent encore les comportements. Répondant à une question d’ALM sur les secteurs dominants parmi les 25 signataires, le ministre a cité l’agroalimentaire, le textile, les services… tous noms à résonnance familière quand on parle d’exportation. Même si le programme est trop récent pour s’insérer en plein dans le changement rapide des habitudes de commerce à l’international, cette rémanence n’est pas véritablement un bon signe.
Le bon signe, avouera le ministre, c’est que le soutien implique l’engagement de l’entreprise exportatrice additionnelle à mettre en œuvre un plan d’action pour réaliser des objectifs définis avant le versement du 2ème décaissement. Si tel n’est pas le cas, si elle n’y parvient pas et si la sincérité de l’entreprise est prise en défaut, l’avance est restituée à l’Etat. Le ministre l’a dit clairement : les contrats à l’exportation excluent les opérations à fonds perdus et l’économie de rente.

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