Crise financière : Forte récession en 2008-2009 sans déflation

Ils prévoient que les taux des grandes banques centrales se situeront entre 0% (Réserve fédérale) et 1% (Banque centrale européenne) afin d’éviter à tout prix que la déflation ne s’installe. «Le glissement annuel de la croissance ne retrouvera pas un taux positif avant 2010», a estimé Dominique Barbet, responsable de la recherche économique de marché chez BNP Paribas, lors d’un point de presse. Patrick Jacq, stratégiste taux, n’a pas exclu un «krach obligataire» dès les premiers signes de reprise fin 2009 ou début 2010 et un éclatement de la bulle sur les emprunts d’Etat. Dans le contexte de crise actuelle, marquée par une extrême aversion au risque et la recherche effrénée de la qualité, les rendements aussi bien des titres d’Etat de long terme que de court terme sont écrasés.
Le rendement des bons du Trésor américains (T-Bills) à trois mois est tombé à zéro et celui par exemple des BTF français à 1,80%. Le rendement du 10 ans américain s’établissait à 2,131% en fin de matinée de jeudi et celui de la zone euro à 3,0% (3,5% pour le 10 ans français). Parallèlement le taux interbancaire Libor 3 mois en dollar était à 1,53% et, en zone euro, le taux Euribor 3 mois était de 3,25%. «Si l’activité reprend en 2010, on risque un krach obligataire, un scénario à la 1994», où la Réserve fédérale américaine a brutalement remonté ses taux. Sur le plan macroéconomique, «on va avoir un ralentissement plus marqué au 4e trimestre 2008», a dit Dominique Barbet en expliquant qu’il y avait une volonté des entreprises, confrontées à un resserrement du crédit, à réduire les risques. «Si on coupe le crédit aux entreprises, elles sont mortes. Donc, elles cherchent à réduire au maximum leur dépendance au crédit», ce qui se traduit par la réduction des stocks, la baisse sinon le gel des investissements. Selon Dominique Barbet, le PIB de la zone euro va se contracter de 1% au 4e trimestre, ce qui, en glissement annuel, se traduit par une croissance négative de 4% en zone euro et -5% aux Etats-Unis. Pour 2009, il prévoit une croissance négative de 2% en glissement annuel ou plus, aussi bien en zone euro qu’en France. Le déficit public français devrait en conséquence se situer à 5,0%, en tenant compte du plan de relance de 26 milliards d’euros, estime l’économiste. Depuis la présentation de son projet de budget 2009 en septembre, le gouvernement français ne cesse d’ajuster à la hausse le ratio déficits publics-PIB, passant de 2,7% initialement à 3,1% en novembre et à 3,9% désormais depuis jeudi après intégration du plan de relance. Jeudi matin, le Premier ministre François Fillon n’a pas exclu un nouveau plan de relance si nécessaire. Dans ce contexte, le montant des émissions des Etats vont fortement augmenter en zone euro et aux Etats-Unis. «On va avoir beaucoup d’émissions d’Etat», a déclaré Patrick Jacq qui a estimé en même temps que les liquidités abondantes permettront d’absorber l’offre.
Il a rappelé que la Fed dans sa volonté à éviter des scénarios du type dépression de 1929 ou déflation à la japonaise a clairement indiqué qu’elle se porterait, le cas échéant, acheteur d’emprunts d’Etat américains.

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