De la pluie, mais pas assez…

Au 10 décembre 2001, le taux du remplissage des barrages a atteint 42 %, soit des réserves d’eau stockées de 6,3 milliards de mètres cubes (m3). Pour la même période de l’année dernière, ce taux s’est élevé à 33 %. Selon les dernières statistiques communiquées par le ministère de l’Equipement, les barrages ayant enregistré les plus fortes réserves sont ceux de Hassan II (100%), Grade Sebou (92,5%), Joumoua (87,9%), Dkhila (83 %), Al Wahd (76,9%), Oued Al Makhazine (74,3%), Idriss Premier (43,6 %) et Al Massira (19,4%). Les taux les plus faibles ont été relevés à Ahmed El Hanssali (2,9%), Aoulouz (3,5%) et Abdelmoumen (8 %). En dépit du retard dans les précipitations, le taux de remplissage des barrages est qualifié pour le moment de satisfaisant. Le département de l’Equipement précise par ailleurs que la situation pluviométrique relative à l’année 2000/2001a été déficitaire par rapport à la normale sur l’ensemble du pays exception faite de la région des bassins du Nord-Ouest et de la Haute Moulouya. La gestion du déficit en matière d’eau figure parmi les priorités. Le Maroc doit en effet gérer le manque des ressources en eau. L’enjeu est stratégique. Face à sa surexploitation, l’eau devient une ressource très rare. Le constat est inquiétant. D’ici 2020, le Maroc doit se préparer à gérer la pénurie d’eau. En 2025, plus de trois milliards d’habitants dans le monde vivraient avec une ressource globale mobilisable inférieure à 1.700 m3/an, seuil analysé comme indicateur de stress hydrique. Face à la nouvelle donne, le Maroc est amené à revoir sa stratégie hydraulique. Depuis des années, la politique menée dans ce domaine repose essentiellement sur la construction de barrages pour satisfaire les besoins croissants de la demande. Jusqu’à présent, cette stratégie a donné ses fruits. Aujourd’hui, on assiste à une nouvelle approche. Celle-ci passe avant tout par l’optimisation des équipements déjà mis en place. Rationalisation de la consommation d’eau, traitement des eaux usées, assainissement liquide, implication des usagers dans la lutte contre le gaspillage sont les mots d’ordre de cette stratégie. Cette politique ne pourrait être efficace en absence de mesures économiques et financières. A ce propos, la loi datant de 1995 avait prévu des dispositions pour le moins décisives. Il s’agit notamment de la mise en place de police de l’eau et la gestion intégrée de l’eau par les agences. Mais la gestion de la problématique de l’eau ne pourrait se limiter à un traitement strictement technique. Celle-ci exige un meilleur équilibre entre l’offre et la demande.

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