Des micro-crédits au féminin

Travaillant dans l’artisanat, l’agriculture ou encore l’élevage, de plus en plus de femmes ont recours au micro-crédit. Elles bénéficient d’une grande partie des 200.000 projets en cours. Pauvres mais désireuses de prendre leur sort en main, ces femmes ont bénéficié de micro-financements proposés par plusieurs organismes installés au Maroc, tels que Al Amana, Zakora ou la Fondation de la Banque Populaire pour le micro-crédit (FBPMC). A elles seules, elles ont donné 85 % des crédits en cours soit plus de 150.000 bénéficiaires, en majorité des femmes.
La particularité de ces dernières, selon Aziza El Aouad, présidente de l’Association de développement durable en réseau au Maroc (Ader.ma), est qu’«elles veillent personnellement à la réussite de leurs entreprises. Elles labourent leurs parcelles de terres elles en ont. Elles vont elles-mêmes aux souks pour vendre leurs produits». Les sommes à prêter varient entre 650 DH et 2500 DH. Les critères de sélection sont la motivation, la réputation, la fiabilité de la personne, et la cohérence du projet. C’est pour cela que le taux de remboursement est de 100 % chez les femmes. Un parfait sans faute pour ces femmes qui ont saisi leur chance. «La formule a rencontré un succès de la part des femmes marocaines, même si elle leur permet à peine de subvenir à leurs besoins», précise la présidente d’Ader.ma. Prenons un cas concret, un programme unique au Maroc piloté au milieu des années 90 par l’AMSED a permis à plusieurs femmes rurales qui confectionnent des tapis d’augmenter leurs gains. Un commerçant de la capitale leur fournissait de la laine. Il leur achetait par la suite les tapis confectionnés au prix unitaire de 30 DH.
Ce commerçant les revendait à Rabat à 800 DH en moyenne le tapis. Le programme de micro-crédit a permis à ces femmes d’acheter leur propre laine, de s’acheter du matériel, d’employer des personnes et d’aller elles-mêmes vendre leur produit. Les bienfaits de ce genre de programme de développement via l’octroi de micro-financement et la création de micro-entreprises dépassent le cadre familial. Un autre programme réalisé au niveau de Khénifra/AOS a créé une véritable dynamique économique dans toute la région. Les résultats performants de ce programme rural qui cible uniquement les femmes avec un taux de remboursement de 100 % ont poussé à la constitution de banques communautaire gérée par les clientes bénéficiaires elles-mêmes.
Ce boom des micro-entreprises qu’a connu récemment le Maroc a encouragé l’émergence de plusieurs institutions opérant dans ce domaine. Elles sont actuellement au nombre de dix. L’année dernière, ces institutions ont reçu une grande aide de la part du Fond Hassan II pour le développement économique et social. Des sommes qui varient en fonction de leur taille et de la fiabilité de leur gestion. Al Amana (émanation d’un projet de l’USAID) et Zakoura ont toutes deux entre 70.000 et 80.000 clients actifs. C’est tout naturellement qu’elles ont obtenu la part du lion : 131 millions de DH pour la première et 117 millions pour la seconde qui est nettement plus rurale.

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