Des signaux contredisent le pessimisme du FMI

La hausse de la confiance des industriels français vient s’ajouter à d’autres signes de stabilisation, voire de reprise, qui contredisent le pessimisme du Fonds monétaire international, estiment des économistes. Si les statistiques sur la production passée confirment le scénario d’un premier trimestre aussi mauvais que la fin 2008, les indicateurs avancés, eux, laissent espérer une atténuation sensible de la récession à partir du deuxième trimestre. L’Insee a annoncé jeudi un rebond de trois points de son indicateur synthétique du climat des affaires dans l’industrie, après quinze mois de baisse. Publiées au même moment, les enquêtes PMI réalisées par Markit auprès des directeurs d’achat en France et dans la zone euro ont aussi montré une amélioration des perspectives de production, même si l’activité s’est encore contractée en avril. L’indice allemand ZEW, qui mesure les anticipations des investisseurs, avait déjà surpris à la hausse mardi et les économistes en espèrent autant avec l’indice Ifo du climat des affaires qui sera publié vendredi. Le consensus est de 82,3, contre 82,1 en mars, pour ce baromètre de la confiance des chefs d’entreprise de la première économie de la zone euro. Les indicateurs avancés sont aussi mieux orientés aux Etats-Unis tandis que la Chine peut mettre en avant de bons chiffres «durs», comme sa production industrielle ou ses exportations qui repartent, pour affirmer que le redémarrage de son économie est déjà en cours. Malgré ces signaux encourageants, le FMI a annoncé mercredi prévoir une contraction de 1,3% de la croissance mondiale cette année, avec des replis attendus de 2,8% aux Etats-Unis, de 4,2% dans la zone euro et de 3,0% en France. En janvier, l’organisation prévoyait encore une croissance mondiale de 0,5% et des contractions limitées à 1,6% aux Etats-Unis, 2,0% dans la zone euro et 1,9% en France. «Le FMI a beau s’égosiller à dramatiser la situation et à faire peur à tout le monde en révisant drastiquement ses prévisions de croissance, la réalité du terrain lui donne de plus en plus tort, aux Etats-Unis, en Asie et aussi en France», affirme Marc Touati, économiste chez Global Equities à Paris. «La crise n’est certainement pas encore terminée, mais l’heure du redémarrage et du retour de la confiance a sonné», ajoute-t-il. «On a plusieurs signaux convergents qui montrent qu’une amélioration est en cours», dit en écho Laurent Bilke, économiste chez Nomura à Londres. «Le FMI a été la seule institution internationale qui a vu venir la crise mais on peut se demander s’il n’est pas un peu embarqué dans son élan», ajoute-t-il.

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