Douiri en quête de convergence

Douiri en quête de convergence

Flanqué des secrétaires généraux des départements du Tourisme et de l’Artisanat, Adil Douiri a dévoilé à la presse son plan de convergence entre les deux secteurs dont il a la charge. «Pas de budgets supplémentaires, pas d’études (on s’en félicite), juste un travail de coordination pour une meilleure maximisation de ressources. Mais entre le tourisme, secteur organisé avec des organismes de pilotage, des entreprises en règle et le no man land de l’artisanat, la conciliation risque d’être difficile. Les six stations Azur seront largement mises à contribution dans le plan d’action 2005-2006. Ainsi, le ministre prévoit d’implanter des villages d’artisanat sur les sites. Les 700 000 touristes que doit accueillir la station Saidia, première à être mise en orbite, dès février 2007, pourront bénéficier d’une sorte de vitrine d’excellence des produits artisanaux du Maroc.
Ces villages seront mis en place conjointement avec l’aménageur en ce qui concerne le Business Plan, le partenariat Etat-investisseur- exploitant.
Le concept est simple avec un ensemble constitué d’espaces de finition pour des activités légères et non polluantes. Les villages d’artisanat seront exploités par l’investisseur propriètaire, et devront accueillir des modules additionnels d’animation : exposition thématique, atelier d’initiation, apprentissage.
Outre les stations Azur, les autres axes de convergence sont les destinations culturelles, le tourisme rural, les projets touristiques, la promotion. Dans les villes culturelles, les actions à mener viseront à revaloriser les espaces de vente existants et en développer de nouveaux, faciliter l’achat de ces espaces, promouvoir l’artisanat ainsi que les espaces de vente, utiliser les hôtels, maisons d’hôtes comme des canaux de promotion et de distribution d’artisanat.
Dans les villes culturelles, les activités polluantes ou bruyantes seront déplacées en dehors des Medina. La réhabilitation des foundouks d’artisanat est aussi à l’ordre du jour, avec une réorientation de leur activité vers la finition vente. Egalement dans le plan d’action, le déplacement des activités de dinanderie et de poterie hors des médinas. Une initiative qui devra profiter aux zones de Ben Jellik et Ain Nokbi de Fès ainsi qu’à la zone de Rmika de Meknès. Les études, le montage, le financement et les aménagements hors site sont en cours. La migration des artisans commencera à partir du deuxième semestre.
De nouveaux espaces d’artisanat verront ainsi le jour dans les villes culturelles. Ateliers de finition, vente et animation dans les fondouks, musée dans les médinas. Le programme est ambitieux. Il s’agit de mettre en place des sortes d’économusée, espace intègré permettant au touriste de visualiser toute la chaîne de valeur, du traitement de la matière première à la commercialisation de produits finis. Le ministère incitera à la mise en place de moyens de paiement modernes. Terminaux de paiement électroniques, guichets de retrait viendront faciliter les transactions entre le touriste et l’artisan. Il en est de même des services spécialisés d’emballage pour le transport sur les grandes distances, des bureaux d’expédition.
Les différents partenaires pour la gestion de ces espaces seront choisis début 2006. Le village pilote sera fonctionnel à Tanger dès la mi-2006. Autre chantier destiné à dynamiser le lien entre les différents villages, la création de circuits touristiques pédestres dédiés à l’artisanat dans les principales destinations culturelles comme Fès, Marrakech et Ouarzazate. Le ministère cherche à faire bénéficier l’artisanat de la vision 2010. Secteur informel, l’artisanat défie tous les staticiens.
Pas de chiffres, ni d’indicateurs fiables sur cette activité dont les acteurs revêtent des formes multiples et vont du simple artisan, menant une activité de substance à l’entreprise organisée avec plusieurs succursales. Compte tenu de l’absence d’études et de suivi, les  estimations sont larges. Le secteur génére entre 1,7 milliard et 4 milliards de dirhams de recettes par an, a déclaré le ministre. Seul bémol à ce projet de convergence, l’absence de précision sur un programme de synergie entre la Maison de l’artisan et l’ONMT, deux entités qui, visiblement, veulent rester indépendantes l’une vis-à-vis de l’autre.

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