En attendant le point à point

En attendant le point à point

La future compagnie Low cost de la RAM continue de tenir le haut du pavé de l’actualité touristique. Piloté par Zouhair Mohamed El Aoufir, auréolé par les bons résultats engrangés par Air Sénégal International, Atlas Blue, largement au menu, mardi, d’une rencontre au sommet entre le CRT d’Agadir et le staff de la RAM au grand complet, concentre beaucoup d’espoirs. Côté hôteliers, cette compagnie doit résorber le déficit en matière de transport point à point. Pour la RAM, ce n’est pas certain, mais Atlas Blue pourrait bien préparer le terrain, en prélude à la libéralisation.
Et comme à l’occasion de tout projet important, des chiffres circulent, notamment depuis le report de la naissance de cette société au mois de septembre. A l’occasion, certains hôteliers se sont érigés en véritables connaisseurs de ce domaine complexe qu’est l’aérien. Des clans se forment : il y a ceux qui trouvent élevé le coût du siège-kilomètre offert. À raison de 70 cents, commentent-ils, cette grandeur est certes nettement plus réduite que pour le cas d’une compagnie classique comme la RAM où le SKO (Siège par Km offert) est de l’ordre de 1 dollar. Mais, en fin de compte, comparaison faite avec les compagnies Low-cost européennes, elle serait trop élevée.
D’autres professionnels, peut-être plus avertis, voire alarmistes, décrètent cette boutade : “On naît low-cost, on ne le devient pas !”. Toutes les compagnies régulières qui ont enfanté des low-cost ont fini par vendre, cas de Buzz et de Go Voyages, cédés au plus offrant. Par rapport à ces compagnies, Atlas Blue se présente-t-elle sous de bonnes perspectives, avec un capital de 10 millions de dirhams et un soutien logistique de la RAM ? Ce n’est pas ce que pensent nos spécialistes.
La STT, disent-ils en évitant l’appellation Atlas Blue, qui n’est pas encore officielle, n’a rien d’un low-cost qui, on le sait, naît et prospère par capitalisation boursière, par des coûts réduits. Et de fustiger le business plan de la future compagnie, lequel, à les croire, peine à trouver grâce aux yeux non seulement des pilotes, mais aussi de quelques membres du staff dirigeant.
Parmi les chiffres qui reviennent le plus souvent dans les conversations, on relève ceux ayant trait à l’effectif. La future compagnie, appelée parfois charter, parfois low-cost ou, terme nouveau sous nos cieux, light cost, disposera de 24 appareils d’ici 2009. Le personnel navigant sera bien évidemment prépondérant par rapport à celui basé sur le sol. Il serait de 220 dit-on, contre 70 au sol. Reste à savoir si au terme des négociations menées avec les pilotes, la RAM arrivera à convaincre ces derniers de voler sous les couleurs de la nouvelle compagnie. L’un des obstacles majeurs à cette éventualité, outre les incontournables indemnités de déplacement, risque fort d’être le cas de ces nouveaux pilotes étrangers, mais pour la plupart ne présentant aucun problème d’équivalence.
Turques, Belges ou ancien pilotes de la défunte Mondair, leurs salaires n’excéderaient pas 3 000 euros ! Une belle affaire pour la RAM et qui, présentée comme telle, fait réagir ceux qui suivent de loin les péripéties de la future compagnie, qui y voient une incongruité. «Les salaires des pilotes sont égaux entre low-cost et compagnies classiques», scandent-ils. Et d’expliquer : «Les low-cost qui ont pour credo la limitation des coûts préfèrent motiver leurs pilotes sur la base d’une simple arithmétique. Une minute de vol coûte 800 DH et, par conséquent, en motivant le pilote, celui-ci alliera économie et sécurité, en réduisant au maximum les phases de vol. «Cela alors qu’un mercenaire, disent-ils, prend tout son temps pour atterrir, faisant perdre à la compagnie qu’il dessert beaucoup de minutes et donc beaucoup d’argent». Rappelons qu’une réunion s’est tenue le 5 juin entre représentants du PNT et la direction de la RAM. Parmi les nombreuses conclusions de cette rencontre, qui s’est déroulée dans un franc esprit de dialogue de part et d’autre, il y a la question des frais de déplacements. Une commission fixera un barème. Par ailleurs, la RAM communiquera d’ici la fin juillet 2004, un statut basé sur le RPNT Air France à l’exclusion des chapitres relatifs à la rémunération. Ce sont de gros obstacles levés pour Atlas Blue.

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