Energie : Coopération réactivée

S’il faut évaluer les résultats de la 3ème conférence ministérielle Afrique-USA tenue du 3 au 4 juin, celle-ci a eu au moins le mérite de relancer la coopération Sud-Sud dans le domaine de l’énergie. Dans ce sens, l’Algérie a proposé au Maroc des projets de partenariat en ce qui concerne la prospection d’hydrocarbures et l’achat de gaz. «Cette proposition sera étudiée après le sommet de l’Union du Maghreb Arabe prévu les 21 et 22 juin à Alger», souligne Mustapha Mansouri, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Energie et des Mines. Et d’ajouter que «si le Maroc et l’Algérie arrivent à intensifier leur coopération énergétique en créant des marchés et en développant les échanges, les deux pays y trouveront un intérêt commun».
Pour l’heure, cette coopération se limite à la contrepartie financière dont bénéficie le Maroc pour le passage du Gazoduc qui transporte le gaz algérien vers l’Europe. Cette contrepartie s’élève annuellement à 50 millions de dollars. Selon M. Mansouri, «la consolidation des relations commerciales et économiques est une approche possible pour rechercher plus tard des solutions aux questions politiques en suspens». Cette approche est de plus en plus défendue par les opérateurs économiques des deux pays.
Au–delà de la relance de la coopération Sud-Sud dans le domaine énergétique, la conférence Afrique-USA a été l’occasion pour faire le point sur l’état des ressources énergétiques dans le continent noir. Le constat a fait l’unanimité. Le développement des infrastructures énergétiques dans certains pays africains se heurte à des problèmes de financement. D’où la nécessité d’adoption une nouvelle approche pour l’exploitation des ressources énergétiques en Afrique. Notons que le continent à lui seul dispose de 8% des réserves mondiales en hydrocarbures, 7% des réserves du gaz naturel et 6% des réserves du charbon. 6% de son potentiel hydroélectrique est exploité pour le moment. Si l’Afrique produit 5% de l’énergie mondiale, ses ressources restent mal exploitées. Face à cette situation, les participants à la conférence Afrique-USA ont proposé la mise en place d’une stratégie pour intégrer l’énergie dans le processus de développement des pays du continent. Il faudra d’abord combler le vide juridique et réglementaire régissant les activités énergétiques dans certains pays. Cette lacune ne favorise pas les investissements étrangers dans le domaine de l’énergie. Notons à ce propos qu’après l’amendement du texte de loi portant sur l’exploitation de l’énergie, la prospection pétrolière au Maroc a connu une dynamique significative qui se traduit par les demandes d’autorisation présentées par les compagnies pétrolières internationales.
Concernant la question du financement des projets d’investissements dans le secteur énergétique, M. Mansouri a appelé les pays africains à solliciter davantage le soutien des organismes financiers internationaux pour recevoir des crédits à des taux préférentiels.

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