Etude : Evolution mitigée du secteur bancaire

Etude :  Evolution mitigée du secteur bancaire

Elle est réalisée par Crédit du Maroc Capital

Les banques ont poursuivi leur politique de densification du réseau et d’inclusion financière tant à l’échelle nationale que régionale. Parallèlement, le niveau de concentration s’est davantage renforcé en faveur des banques à capital privé majoritairement marocain.

Le secteur bancaire contribue au financement de l’économie avec un actif bancaire représentant 1,2 fois le PIB 2015, à l’accompagnement des politiques sectorielles et régionales menées par le Maroc, au soutien des PME dans leur croissance et à la création des emplois. Actuellement, le paysage bancaire marocain compte 19 banques et affiche un taux de bancarisation qui s’est renforcé de 4 pts en 2015, à 68%.

Dans ce contexte, les banques ont poursuivi leur politique de densification du réseau et d’inclusion financière tant à l’échelle nationale que régionale. Parallèlement, le niveau de concentration s’est davantage renforcé en faveur des banques à capital privé majoritairement marocain. Dans ces conditions, le paysage bancaire présente bien des disparités tant au niveau de l’évolution de l’activité, de la liquidité, de la solvabilité ou de la productivité. D’ailleurs, Crédit du Maroc Capital (CDMC), s’est attelé à réaliser une étude dans l’objectif est de dresser un diagnostic global sur les différents aspects d’activité des banques au Maroc.

Il en ressort un léger renforcement des créances brutes sur la clientèle à fin juin 2016 (dernières données disponibles) de +1,6%, à 739,2 milliards DH. Notons toutefois que cette timide embellie survient consécutivement à la décélération de croissance constatée à fin 2015. De même, les crédits bancaires distribués se sont bien comportés, exception faite de la promotion immobilière qui a affiché un recul de 1,2%. Il faut dire que les banques ont réduit leur exposition à cette catégorie de crédit, sachant aussi que les grands groupes immobiliers se sont lancés dans un processus de désendettement et de monétarisation de leur bilan. Cela dit, dans un contexte d’aggravation de la sinistralité dans plusieurs secteurs tels que le raffinage de pétrole, le BTP, la métallurgie et autres, les créances douteuses se sont accrues au niveau du secteur de 4,1% pour s’élever à 59,4 milliards DH.

Sur le volet commercial, une progression générale est à constater au niveau des banques

Par ailleurs, ce qui reste quand même louable au secteur, c’est bien la bonne tenue des crédits à l’équipement. Ils ont enregistré un bond de 2,8%, grâce surtout à l’amélioration de la valeur ajoutée des activités non agricoles et de l’investissement. Du coup, ils accaparent une part de 22,4% par rapport à l’ensemble des crédits distribués, contre un poids de 25,2% pour le crédit à l’habitat. Ce dernier a tiré profit de la baisse tendancielle des taux d’intérêt débiteurs, pour poursuivre sa croissance qui s’est située à +2,7%, soit 186 milliards DH. Cependant, la contentialité du secteur ne s’est toujours pas améliorée. 


Toujours selon CDMC, le taux de contentieux du système bancaire national s’est établi à 8% à fin juin 2016 contre un niveau de 7,8% un semestre auparavant. Ce qui a poussé les banques à renforcer leur politique de couverture, atteignant à fin juin 67,9% au lieu de 67,1% à la même période. A ce niveau, l’on note l’amélioration de l’effort de provisionnement du secteur de 5,3%, à 40,3 milliards DH.

Si l’activité commerciale des banques est sur un bon trend en dépit du contexte légèrement mitigé, ce n’est pas le cas du niveau de solvabilité général du secteur qui pâtit d’un affaiblissement. En effet, à l’exception de la BMCE dont le taux de solvabilité a augmenté de 10 points de base de décembre 2015 à fin juin de cette année, pour atteindre 12,4%, toutes les banques cotées ont vu leur solvabilité baisser. Par exemple, celle de la BP et d’AWB a reculé de 30 Pbs chacune à 12,9 et 12,35% respectivement, au moment où celle de la BMCI a diminué de 44 pbs, à 15,64%. Il faut dire toutefois que CDM BMCI et CIH présentent les ratios de solvabilité les plus confortables du secteur coté, ce qui dénote leurs niveaux élevés de capitalisation, cela en comparaison avec AWB, BP et BMCE.

En outre, au moment où AWB présente un ratio de solvabilité moins élevé que ses concurrentes, elle s’adjuge une bien meilleure position si l’on tient compte de la productivité des crédits (crédits/agences bancaires), qui s’est améliorée à 154,4 MDH à fin juin. En face, la BMCI reste la moins productive avec un niveau de 105 MDH sur la même période.

En revanche, concernant les dépôts, c’est la BMCE Bank of Africa qui s’adjuge la meilleure place avec la productivité la plus élevée, à 175,2 MDH. En queue de liste, on retrouve le CIH avec 95,7 MDH.

La productivité d’une banque se mesure aussi à son PNB par agence ; et sur ce critère, AWB devance nettement les autres banques du secteur avec un niveau de 10,6 MDH, tandis que CIH et CDM se situent en bas de liste avec un montant de 6,1 MDH.

Dépôts bancaires : Les clients lèvent le pied

Les dépôts de la clientèle ont été marqués par un ralentissement de la croissance à fin juin. En effet, ils n’ont augmenté que de 2,3% pour s’établir à 832,4 milliards DH, alors qu’ils s’étaient améliorés de 3,2% entre juin et décembre 2015. Cela dit, cette évolution cache des disparités en matière de structure des dépôts. Ainsi, les comptes courants se sont contractés de 2,9% au moment où les dépôts à terme ont baissé de 2,2%. Il faut dire que cette dernière baisse est consécutive au recul des taux de rémunération de ces comptes bloqués, suite à l’abaissement du taux directeur de 2,50 à 2,25% en mars dernier. Ce qui a occasionné un retrait des taux des bons du Trésor à échéance 26 et 52 semaines sur le marché secondaire. En revanche, les comptes chèques et les comptes d’épargne se sont appréciés de 4,4 et de 2,4% respectivement. Dans ces conditions, les ressources à vue détiennent la part la plus importante dans les dépôts bancaires à 60,7%, en amélioration de 20 points de base sur un semestre glissant. Cependant, le poids des DAT et des certificats de dépôts a reculé à 20,6 et 4,3% respectivement.

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