Événement : Sucre : les raisons d’une hausse

Événement : Sucre : les raisons d’une hausse

Le prix de base de la  tonne de sucre sera augmenté de 348 dirhams sur le marché national. Tel est le contenu d’un arrêté ministériel publié début août et entré en application à partir du 17 courant.
Plusieurs raisons expliquent cette décision prise par la Commission interministérielle des prix. «Il y a tout d’abord», note Rachid Talbi Alami, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Affaires économiques et générales, «la hausse des prix de l’ensemble des facteurs de production depuis l’année dernière. Ce renchérissement a fortement entamé la marge des agriculteurs », d’autant que, ajoute le ministre, « la révision des prix n’a jamais été faite depuis 1981 ».
Faute de rendement, les surfaces réservées à la culture de la betterave ont fortement diminué ces dernières années.
A titre d’exemple, la région de Tadla qui comptait jusqu’à 19 000 hectares il y a quelques années n’en compte plus que 7 000.
Autre facteur à l’origine de la décision ministérielle, la flambée des  cours du sucre  à l’international. Les USA qui cherchent une alternative au pétrole ont supprimé entièrement les droits de douane sur l’éthanol, carburant issu de la canne à sucre. Conséquence, les grands producteurs mondiaux de la canne à sucre comme le Brésil ont réorienté leur production vers la production de l’éthanol, plus profitable désormais que le sucre. Cette donne affecte un pays comme le Maroc qui importe 53% de ses besoins en sucre.
A qui va profiter cette hausse ? Pour M. Talbi Alami, «il s’agit d’encourager les agriculteurs en leur octroyant une marge supplémentaire de 0,348 centimes le kilo. C’est un prélèvement direct auprès du consommateur  et qui est reversé à l’agriculteur». En tout, avec cette hausse, 348 millions de dirhams (sur la base d’une consommation d’un million de tonnes) iront aux agriculteurs.
Pour encourager les importateurs, l’Etat a supprimé les équivalents tarifaires, ce qui a coûté au Budget quelque 900 millions de dirhams. «Dans ce schéma, l’Etat a pris en charge les 2/3 et le consommateur un tiers», affirme le ministre.
Les agriculteurs réclamaient beaucoup plus. Mais la commission interministérielle des prix écarte toute hausse supplémentaire pour le moment.
Autre décision également prise, le rétablissement partiel (à hauteur de 30%) de l’équivalent tarifaire à hauteur de 348 centimes par kilogramme. Par ces différentes mesures, le gouvernement cherche à ménager la chèvre et le chou. D’une part, une hausse qualifiée d’indolore et d’autre part, la marge de l’agriculteur qui est rétablie sans affecter la chaîne de production, le mode de subvention (2000 dirhams par tonne) et la Cosumar.
Reste désormais un gros problème: la sécurité de l’approvisionnement du marché, en prévision des gros pics de consommation (Ramadan entre autres). Le ministre n’écarte pas la crainte d’une «pénurie», crainte étayée par plusieurs indicateurs. L’envolée des cours risque de compliquer la tâche.

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