Forum économique maroco-ivoirien: Vers une fusion des pôles économiques Casablanca et Abidjan

Forum économique maroco-ivoirien: Vers une fusion des pôles économiques Casablanca et Abidjan

En 2013, le quart des investissements directs marocains à l’étranger était vers la Côte d’Ivoire. Un chiffre qui atteste du long chemin parcouru en matière de coopération économique entre Rabat et Yamoussoukrou, bien que celle-ci soit freinée par un faible volume des échanges commerciaux entre les deux pays.

«Le train des échanges entre nos deux pays est encore trop faible, bien qu’il ait progressé de manière exponentielle en 5 ans», a ainsi noté Miriem Bensalah-Chaqroun, présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Une position que partage le ministre de l’économie et des finances, Mohamed Boussaid.

«Je ne suis pas du tout satisfait du volume des échanges commerciaux entre le Maroc et la Côte d’Ivoire qui se chiffre à seulement 100 millions d’euros. Nous pouvons échanger plus, et pour cela nous devons coopérer plus», a-t-il déclaré.   

C’est justement avec l’objectif de renforcer la coopération entre les deux pays dans son volet économique que s’est tenu le forum économique maroco-ivoirien hier, mercredi, à Marrakech. La rencontre, organisée en marge de la visite du président ivoirien Alassane Ouatara au Maroc, a rassemblé le gotha du monde des affaires et de la politique des deux pays avec comme seul mot d’ordre la co-émergence. «Nous voulons réaliser cette co-émergence entre deux pôles économiques majeurs que sont Casablanca et Abidjan à travers l’intégration financière et la connectivité», a souligné la présidente de la CGEM. Pour Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique, le Maroc et la Côte d’Ivoire sont deux hubs économiques stratégiquement positionnés, qui devraient s’unir pour former un hub régional. «Nous avons le devoir de réussir un tandem économique Casablanca-Abidjan avec l’objectif d’entraîner d’autres pays dans cette dynamique», a-t-il déclaré. Le ministre a, ainsi, appelé à accélérer l’intégration économique à travers la création d’écosystèmes régionaux, tirés par des entreprises locomotives des deux pays, et qui pourront fédérer les Petites et moyennes entreprises (PME).
De son côté, la ministre de l’économie et des finances ivoirienne, Kaba Nialé, a assuré que le taux d’investissement en Côte d’Ivoire est en constante augmentation. Celui-ci est passé de 9% en 2011 à 16% en 2014, boosté notamment par les investissements du secteur privé. «Nous venons de loin. Nous avons aujourd’hui une base d’infrastructures qui permet au secteur privé d’investir confortablement», a-t-elle affirmé, soulignant que la Côte d’Ivoire «compte sur cette dynamique de coopération avec le Maroc pour renforcer le secteur privé».

La Côte d’Ivoire est, en effet, un pays dont l’économie connaît une relance remarquable. Le plan national de développement, initié par son président Alassane Ouatara en 2012, vise à faire de ce pays d’Afrique de l’Ouest un pays émergent à l’horizon 2020.

En 2012, le pays avait enregistré un taux de croissance de plus de 10%, soit l’un des plus élevés dans le monde. En 2013 et 2014, ce taux s’est stabilisé en une moyenne de 9%. Dans le dernier classement «doing business», la Côte d’Ivoire a non seulement présenté des performances très encourageantes, mais a été classée parmi les 10 pays les plus réformateurs dans le milieu économique.    

Cette deuxième édition du Forum économique maroco-ivoirien intervient un peu moins d’une année après la tenue de la première édition fin février dernier à Abidjan. Elle a fédéré quelque 800 entrepreneurs des deux pays.
 

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